Le projet de construction d'un hôtel de luxe par la famille Trump à Tirana suscite une forte opposition. Le 4 juillet, une grande manifestation a eu lieu, rassemblant des dizaines de milliers de personnes. C'est la plus importante depuis le début des protests en mai 2023. Bien que les manifestations durent depuis 35 jours, la mobilisation semble atteindre son apogée.
Ce développement immobilier concerne un hôtel en lien avec Ivanka Trump et Jared Kushner, prévu dans une réserve naturelle près de Zvernec, sur la côte sud de l'Albanie, comme l'ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Ce projet a provoqué la colère des manifestants qui l'associent à des pratiques de corruption. Ils exigent également la démission du Premier ministre Edi Rama, qu'ils accusent de manque de transparence dans la gestion des affaires publiques. "La Révolution des flamants roses", un mouvement populaire initialement centré sur cette problématique, s'est élargi pour toucher d'autres sujets de mécontentement, a déclaré Alketa Ademi, manifestante de 40 ans.
"Le manque de transparence, l'arrogance - ça suffit! Le Premier ministre doit partir", a-t-elle affirmé.
Un projet de 4,6 milliards de dollars
Les manifestants mettent en avant les dangers environnementaux que pose ce projet, planifié dans une zone protégée. Ils estiment que la construction de cet hôtel de luxe, estimée à 4,6 milliards de dollars, nuirait à l'écosystème local, en particulier à une lagune vitale pour la faune migratrice. Les promoteurs visent également à transformer l'île de Sazan, anciennement une base militaire, en destination touristique.
La résistance à ce projet a commencé dès sa présentation en 2024 et a été intensifiée par l'apparition récente de clôtures et de bulldozers sur les plages voisines. Les manifestations se poursuivent quotidiennement à Tirana, et à plusieurs reprises, les manifestants ont tenté d'atteindre le parlement, notamment lors d'un rassemblement cette semaine.
Des affrontements ont éclaté entre les forces de l'ordre et les manifestants, avec de nombreuses interpellations. Selon le Comité d'Helsinki d'Albanie, une ONG de défense des droits humains, l'utilisation excessive de la force par la police a été critiquée, tandis que les manifestants montrent leur détermination en affichant des messages tels que "L'Albanie n'est pas à vendre".
"La violence individuelle ne peut justifier l'usage disproportionné de la force", a dénoncé l’ONG.
Des Albanais de la diaspora participent également à ces manifestations, réclamant respect et dignité dans les décisions touchant leur pays. Xheku Shena, de retour du Canada, souligne l'importance de la transparence dans les investissements étrangers.
La situation à Tirana est révélatrice d'un climat de mécontentement généralisé, donnant naissance à un mouvement populaire qui pourrait avoir de profondes répercussions sur la vie politique en Albanie.







