Un incendie, aggravé par un vent fort, une sécheresse exceptionnelle et une chaleur accablante, a éclaté samedi soir dans les Pyrénées-Orientales. Actuellement sous vigilance orange en raison de la canicule, ce brasier a déjà ravagé 1.500 hectares dans le massif proche du Mont Canigou.
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a annoncé que la décision concernant le maintien de la troisième étape du Tour de France, prévue pour lundi dans ce département, sera prise "d'ici la fin de la journée".
Les équipes de secours, totalisant 700 pompiers, 200 véhicules et presque dix moyens aériens, sont mobilisées pour lutter contre cet incendie, situé à environ 70 kilomètres des Angles, où se terminera la troisième étape du Tour de France (195,9 km) après un départ de Granollers, en Espagne.
Pour le moment, le scénario le plus redouté — une propagation vers le massif des Aspres, réputé pour son accès difficile — n’est pas survenu. Cependant, le préfet a indiqué que, sous l'influence de la chaleur et d'une faible humidité, les flammes deviennent plus actives sur les flancs gauche et droit.
Des hélicoptères encore une fois en action, avec des appareils tels que le Dash et les Canadairs, se succèdent au-dessus des flammes qui ravagent la végétation entre Trévillach et Ille-sur-Têt, région à environ 35 km à l'ouest de Perpignan. Des journalistes de l'AFP rapportent que la fumée envahit les collines environnantes.
Environ 80 résidents de Rodès ont été évacués, tandis que d'autres habitants des communes voisines sont invités à se retrancher chez eux, selon les directives du préfet.
"Aucune victime n'est à déplorer à ce stade", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur le réseau social X, saluant le dévouement des pompiers, des élus locaux, des bénévoles et des associations de sécurité civile.
- "Odeur de brûlé" -
À Ille-sur-Têt, un gymnase a été ouvert pour accueillir les personnes évacuées. Charlotte Pignol, 30 ans, témoigne : "On a vu de la fumée vers 22H30, puis elle s'est rapprochée. Quelqu'un de la mairie est venu frapper vers 1H du matin pour nous dire de partir, la fumée était suffocante".
Patrice, habitant de Trévillach, raconte : "Le feu est passé à 300 m de notre maison. Nous avons été stupéfaits par sa rapidité, c'était presque de la panique".
Malicia, 14 ans, réconforte un chien et un chat, secourus avec l'aide de sa famille sur un lit de camp improvisé.
Sur les hauteurs du village, un hélicoptère déverse son eau sur le flanc d'une colline en proie aux flammes. Des pompiers, assis à l'ombre des arbres, se reposent avant d'affronter les prochaines heures critiques.
Ce feu imprévu survient alors que le département, avec six autres (Ardèche, Aude, Drôme, Gard, Vaucluse et Hérault), est en vigilance orange canicule, avec des températures susceptibles d’atteindre 40°C dans certaines régions, peu après une canicule record.
- Multiplication des incendies -
Un autre incendie dans le même secteur avait déjà conduit jeudi à l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d'être maîtrisé vendredi. En Espagne, un autre feu a menacé la Costa Brava, brûlant plus de 2.000 hectares tout en étant stabilisé dimanche.
Au nord du Portugal, un gouffre des flammes consume depuis trois jours au moins 13.000 hectares. Dans le Gard, un autre feu s'est déclaré près d'un circuit de karting à Ledenon, parcourant plus de 150 hectares et menant à l'évacuation de 600 personnes.
Partout en France, plus de 300 pompiers s'affairent encore contre un incendie sur un terrain difficile dans la Drôme, faisant déjà 300 hectares en proie aux flammes.
Bien que 90% des départs de feu soient d'origine humaine, les pompiers affirment que leur prolifération est accentuée par des vagues de chaleur et sécheresse, conséquences du changement climatique. Laurent Nuñez a exprimé son inquiétude quant au fait que la saison des feux ait démarré un mois plus tôt que prévu.







