EDF a décidé d'arrêter le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfesh, située dans le Tarn-et-Garonne, le soir du 22 juin. Cette décision fait suite à une contrainte environnementale visant à ne pas dépasser 28 degrés dans la Garonne. En été, un échauffement supérieur de 1,25 degré est strictement réglementé pour protéger les écosystèmes aquatiques. Selon EDF, les périodes de canicule réduisent la production nucléaire annuelle d'environ 0,3%.
Cette centrale, implantée entre Toulouse et Agen, est essentielle pour l'approvisionnement en électricité, avec ses deux réacteurs à eau pressurisée de 1,3 GW. Toutefois, l'entreprise a dû interrompre son activité pour éviter d'aggraver le réchauffement des eaux du fleuve. Une porte-parole de la centrale a déclaré que cet arrêt était une mesure préventive face aux températures estivales attendues. La Garonne, bien que son circuit de refroidissement soit semi-fermé, pourrait atteindre des niveaux tentants pour des rejets de chaleur indésirables.
Alors que la centrale de Golfesh était déjà à l'arrêt pour maintenance depuis mai, cet incident marque une nouvelle étape dans la gestion des ressources énergétiques face aux changements climatiques. La réglementation en vigueur d'un arrêté de 2006 impose à la centrale de ne pas dépasser la température fatidique de 28°C pour la Garonne, afin de protéger les habitats aquatiques.
Conséquences prévisibles sur la production d'énergie
Les experts s'accordent à dire que les limitations en matière de température des cours d'eau, bien que respectées, pourraient causer des désagréments croissants à l’avenir. La centrale, qui avait déjà été immobilisée en juin 2025 pour les mêmes raisons, illustre l'impact direct des vagues de chaleur sur la production d'électricité. Chaque année, la France compte 57 réacteurs nucléaires, mais tous sont vulnérables aux variations de température dans les rivières où ils sont implantés.
Comme l'explique Jean-Pierre Bréton, analyste en énergétiques, "la gestion des ressources en eau et la température des fleuves deviennent des enjeux cruciaux pour la durabilité de nos centrales nucléaires". Les régulations sont mises en place pour minimiser l'impact sur la faune et la flore, avec des températures limites spécifiques pour chaque site. Au Bugey, ce seuil est fixé à 26 degrés, tandis qu'au Tricastin, il est de 28 degrés.
Avec le risque croissant de vagues de chaleur dû aux changements climatiques, EDF envisage de nouvelles adaptations, lesquelles pourraient atteindre jusqu'à 1,5% de réduction de la production d'ici 2050, aggravant la situation si aucune mesure d'atténuation n'est prise. D'autres centrales, comme celles de Saint-Alban et du Bugey, sont également susceptibles de subir des réductions de production durant les périodes de fortes chaleurs, comme cela a été observé récemment.







