Une marque emblématique française en danger ? L’État a engagé un audit concernant Duralex, cette verrerie renommée, désormais coopérative gérée par ses employés, après avoir traversé des périodes financières tumultueuses, comme l'a rapporté Bercy ce vendredi.
La situation financière de l'entreprise est de nouveau qualifiée de "tendue", les discussions avec toutes les parties concernées étant dès lors en cours pour identifier les mesures nécessaires à la préservation de l'activité, mobilisant l'attention du ministère de l'Économie.
Selon un rapport de France Inter, des sources proches du dossier ne nient pas qu'un redressement judiciaire pourrait se profiler si la situation ne s'améliore pas. Toutefois, cette possibilité reste à l'heure actuelle considérée comme précoce. Une source anonyme a précisé à l'AFP qu'il n'y aurait pas eu de malversations, seulement une gestion malavisée.
François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, a exprimé sa préoccupation auprès de l'AFP, indiquant que le scénario d'un redressement judiciaire serait alarmant pour le tissu industriel et le soutien public qui a entouré le projet Duralex.
Réputée pour sa vaisselle incassable, Duralex avait connu le départ fin avril de son directeur général, François Marciano, après un parcours marqué par des difficultés financières, remplacé par Peggy Sadier, ancienne directrice marketing.
La gestion de Duralex a été mise sous le feu des critiques, notamment pour des "choix financiers imprudents" qui auraient plongé l'entreprise dans une impasse, comme mentionné par La Lettre Valloire. Après le choc engendré par la flambée des prix énergétiques liée à la guerre en Ukraine, l'entreprise se retrouve de nouveau face à des enjeux critiques, même si actuellement, les contrats d'énergie sont sécurisés jusqu'en 2027.
L'automne dernier, Duralex avait réussi à lever plus de 20 millions d'euros en promesses d'investissements pour redresser sa situation. Marciano avait alors projeté un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros d'ici 2027, un objectif jugé difficile par plusieurs experts. Peggy Sadier, à son arrivée, avait indiqué que les audits financiers étaient en cours pour garantir la viabilité de l'entreprise.
Environ 60 % des 243 salariés de la seule usine, située à La Chapelle-Saint-Mesmin, ont investi dans la coopérative Duralex, soutenue par la région et la métropole d'Orléans, marquant un engagement fort du personnel envers la survie de cette icône du patrimoine français.







