L'Organisation mondiale du vin et de la vigne (OIV), établie à Dijon, a publié son rapport annuel le 12 mai dernier, mettant en lumière des enjeux majeurs pour le secteur viticole. Son analyse révèle que le changement climatique, combiné à des taxes douanières élevées imposées par les États-Unis, a provoqué un affaiblissement du marché en 2025, avec une consommation mondiale de vin en baisse de près de 3 %.
Entre pluies, sécheresse et gel, sans oublier les politiques économiques particulières menées par Donald Trump, le rapport 2025 de l'OIV souligne des récoltes historiquement faibles pour la troisième année consécutive. Avec son siège à Dijon depuis 2024, l'OIV se positionne comme une autorité incontournable dans ce domaine.
Le constat est que la consommation mondiale de vin a chuté de 2,7 % par rapport à 2024, tandis que la superficie des vignobles ne cesse de diminuer, atteignant près de 7 millions d'hectares, soit une baisse significative de 1 % par rapport à deux ans auparavant. Cela dit, la production de vin a légèrement progressé, avec une hausse de 0,6 %, malgré un niveau historiquement bas en 2024. Les défis économiques, en particulier la hausse des tariffs douaniers aux États-Unis, restent préoccupants.
Une Bourgogne qui s'adapte
Malgré ces défis, la Bourgogne continue de se démarquer. Selon John Barker, directeur général de l'OIV, "le marché français demeure le plus important". "Les importations ont chuté de manière dramatique, reflet d'une baisse générale du commerce mondial du vin, qui affiche une diminution de volume de 4,7 %", explique-t-il.
Cependant, il note une légère baisse de valeur des échanges de 2,1 %, même si la production en termes de valeur reste à un niveau historiquement élevé.
La France, par ailleurs, conserve son titre de premier pays exportateur mondial en termes de valeur, grâce à la qualité de ses produits, notamment ceux de Bourgogne et Bordeaux. Barker rappelle que, bien que le secteur soit touché par les taxes douanières, "la production en Bourgogne se montre assez résiliente".
Vers un avenir innovant
Pour les observateurs attentifs, il est crucial de se projeter vers l'avenir et d'envisager des adaptations dans un monde en mutation. John Barker adopte un ton optimiste. "Le changement climatique doit être notre priorité", insiste-t-il. La capacité à s'adapter aux aléas climatiques est devenue essentielle.
La dynamique des consommateurs évolue, et des produits tels que le vin sans alcool gagnent en popularité. "L'œnotourisme est également une voie d'avenir prometteuse, les consommateurs recherchent des expériences au-delà du produit", ajoute-t-il. La route des Grands crus de Bourgogne, destination prisée par les touristes, devrait continuer à tirer son épingle du jeu dans cet environnement en constante évolution.







