Pour la campagne 2026-27, les prévisions s'annoncent bien moins optimistes. En effet, la production mondiale de blé pourrait s'établir à 819,1 millions de tonnes, soit une baisse de 3% par rapport à l'année précédente, impactée par des contraintes sur les principaux exportateurs comme les États-Unis, l'Union européenne, l'Argentine et l'Australie. Un rapport de l'USDA, traditionnellement attendu cette période de l'année, a mis en lumière cette tendance inquiétante dès les premières récoltes de juillet dans l'hémisphère Nord.
Dès la publication du rapport, les prix de toutes les céréales, y compris le blé, le maïs et le soja, ont connu une augmentation significative. À la Bourse de Chicago, le prix du blé a grimpé de presque 7% en un jour, tandis que le maïs et le soja ont vu leurs prix monter plus modérément, affichant des hausses comprises entre 1 et 1,5%.
Le rapport, également appelé Wasde, indique clairement la fin de la période d'abondance. Une sécheresse qui frappe le Kansas, principal État producteur de blé, a exacerbé cette situation délicate : selon Carsten Fritsch de Commerzbank, près de 65% des terres arables et 64% des sous-sols souffrent d'un sérieux manque d'eau.
"Les pénuries d'eau au Kansas mettent en péril la production de blé, avec d'importantes conséquences économiques".
Du coup, les prévisions anticipent une baisse des stocks finaux, ce qui pourrait accentuer la montée des prix. Cependant, certains experts, comme Maxence Devillers d'Argus Media, tempèrent ces prévisions : "Nous pensons que l'USDA sous-estime la production de blé en Europe et en Russie, où les conditions restent favorables", dit-il. Il ajoute également qu'il semble injustifié de projeter une chute des récoltes après une année exceptionnelle.
Ces prévisions sont entravées par une série de facteurs, tels que la diminution des surfaces cultivées, le phénomène climatique El Niño et la situation géopolitique dans le Moyen-Orient.
Des inquiétudes croissantes chez les agriculteurs
La situation est aggravée par la flambée des prix des engrais, en hausse de 30 à 40% depuis le blocage du détroit d'Ormuz, selon FranceAgriMer. Benoît Piétrement, président du conseil spécialisé de FranceAgriMer, souligne que de nombreux agriculteurs hésitent à semer en raison des coûts exorbitants : "Produire à perte n'est pas une option. Actuellement, il faut 2,5 tonnes de blé pour chaque tonne d'engrais achetée".
En ce qui concerne le maïs, une légère baisse de 1% est anticipée dans la production mondiale, tandis que celle du soja pourrait grimper de 3% à 441,5 millions de tonnes. Cependant, cette hausse risque d'être absorbée par une consommation accrue, rendant ainsi les stocks stables malgré une production record.
Enfin, un effet supplémentaire pourrait venir des négociations entre la Chine et les États-Unis concernant le soja, ce qui pourrait influencer le marché. La rencontre attendue entre Xi Jinping et Donald Trump pour relancer les achats chinois en est un exemple.







