Des infrastructures surélevées et des lodges sur pilotis : les campings de Charente-Maritime prennent des mesures face à la menace croissante du changement climatique. Ce phénomène touche près de 2.000 établissements répartis dans des zones à haut risque.
Jean-Christophe Doreau, gérant du camping Belle-Rivière à Chaniers, raconte : "Je n'avais jamais vu l'eau monter aussi rapidement". Cet hiver, la commune de Saintes a été bouleversée par des inondations ayant affecté près de 1.500 habitations. Doreau, en gérant depuis 2020, constate une nette intensification des crues ces dernières années.
Pour faire face aux inondations, Doreau a repensé l'organisation de son camping. "Tout doit être surélevé. J'ai opté pour des structures en bois résistant à l'humidité et un système unique mêlant la tente et le mobil-home, facilement déplaçable", explique-t-il. Néanmoins, les inondations de février ont causé des dégâts irréversibles : une roulotte et plusieurs chalets ont été ravagés.
Pour réparer les dommages, il a engagé du personnel supplémentaire et a dû retarder l'ouverture de son camping d'un mois. Il a également remplacé sa guinguette par des foodtrucks et un chapiteau, soulignant que l'adaptation est un processus continu.
D'après un rapport de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA), presque 2.000 campings français se trouvent en zones à risque, représentant la moitié des installations touristiques du pays. Ces établissements se retrouvent exposés aux inondations, aux incendies, et à l'érosion côtière.
À Soulac-sur-Mer, des bungalows ont été relocalisés pour se protéger des risques côtiers. De même, sur le bassin d'Arcachon, les campings touchés par les feux de forêt de 2022 font face à des menaces d’érosion qui pourraient les contraindre à disparaitre d'ici une à deux décennies.
Des projections pour 2100 estiment que les départements de Vendée, Charente-Maritime et Hérault pourraient comptabiliser plus de 100 campings menacés. En 25 ans, 1.600 campings ont déjà disparu, un phénomène qui s'accélère.
Nicolas Dayot, président de la FNHPA, alerte : "Il est crucial de s'adapter immédiatement pour minimiser les risques. Cela implique des constructions sur pilotis ou des relocalisations, bien que la législation actuelle restreigne souvent ces options". Les propositions du dernier rapport incluent la création d'un cadre légal facilitant ces adaptations.
La viabilité économique des campings est essentielle pour le secteur touristique français, mais le changement climatique complique leur assurance. La Cour des comptes souligne que les assureurs diminuent leur couverture face à la hausse des événements climatiques, rendant les articles de prévention de plus en plus coûteux.
À Chaniers, par exemple, la franchise d'assurance du camping s'élève à 200.000 euros, une charge insupportable pour de nombreux gérants. Ainsi, la menace climatique appelle à des transformations urgentes pour préserver ces lieux de loisirs dans un avenir incertain.







