Le détroit d'Ormuz pourrait-il être miné ? Ce 9 avril, les Gardiens de la Révolution iraniens ont mis en garde sur la présence possible de mines, incitant les navires à adopter des routes alternatives pour éviter d'éventuelles collisions. Selon les estimations de l'ONI, l'agence américaine de renseignement maritime, l'Iran disposerait jusqu'à 6.000 mines de divers types dans la région.
Sur BFMTV, Vautrin a souligné que la France ne pouvait pas encore confirmer la mise en place de mines par Téhéran, mais n'a pas écarté la possibilité d'une opération de déminage. Toutefois, une telle opération semble improbable à ce stade. Stéphane Audrand, expert en sécurité maritime et ancien officier de réserve de la Marine, a affirmé qu'un déminage ne pourrait se faire qu'en temps de paix : "Une opération de déminage nécessite un environnement calme, ce qui n'est actuellement pas le cas."
"Il faudrait donc l'accord de Téhéran ou une supériorité aérienne et navale totale dans la zone", avertit Audrand.
Un potentiel de déminage notable
Dans l'hypothèse où la France participerait au déminage, la mission serait longue, pouvant s'étendre sur plusieurs semaines, la complexité des sédiments et des courants marins rendant l'opération délicate. Les chasseurs de mines français, d'une cinquantaine de mètres de long, sont équipés de sonars et d'un rover piloté, mais manquent de moyens de défense face à d'éventuelles frappes ennemies. Actuellement, ces navires disposent uniquement de deux mitrailleuses de 12,7 mm.
Avec la capacité de traiter jusqu'à cinq mines par jour, les chasseurs de mines pourraient jouer un rôle clé en cas de mission. Cependant, leur survie dépendrait d'une mise en place de conditions favorables, ce qui est peu probable selon les experts. D'autre part, les récents propos de Donald Trump sur une éventuelle coopération avec l'Iran pour sécuriser cette voie stratégique ajoutent à la complexité de la situation.
Vers une coalition européenne ?
Malgré l'absence d'opérations de déminage menées par la France depuis des années, l'armée maintient une expertise dans ce domaine, en grande partie héritée des deux guerres mondiales. Catherine Vautrin a parlé de la nécessité de discuter des compétences européennes en matière de déminage. Des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas disposent également de capacités dans ce domaine.
"On a une vraie expertise européenne, nous pourrions former une coalition", a soutenu Stéphane Audrand.
La situation dans le détroit d'Ormuz demeure préoccupante, et l'interdépendance des forces européennes pourrait bientôt jouer un rôle déterminant dans les opérations de sécurité maritime.







