"Regardez autour de vous, c'est un océan": la Garonne, qui a atteint un plateau exceptionnel, maintient son alerte rouge face à une menace de nouvelles intempéries prévues pour la semaine à venir en France. Quatre départements du nord-est sont déjà placés en vigilance orange neige-verglas.
Après la tempête Nils de jeudi qui a provoqué de graves perturbations, la stabilisation des niveaux d'eau a été constatée au cours de l'accalmie de samedi, selon les préfectures. Cependant, le retour d’un temps humide pourrait entraîner une nouvelle hausse des niveaux d’eau en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, toujours sous surveillance rouge.
Bruno Marty, maire de La Réole, a souligné l’inquiétude croissante : "Vous regardez tout autour de vous, c'est un océan, cela fait flipper. Les sols détrempés sont dangereux." L’alerte concerne également une dizaine d’autres départements, notamment l’Eure-et-Loire et l’Ille-et-Vilaine, où les crues menacent.
Dans certains secteurs, la neige constitue également un facteur de risque avec des départements en vigilance orange, notamment à Aisne et Côte-d'Or. Dans les Pyrénées, le danger d’avalanches s'ajoute aux craintes, les Alpes étant également mises en alerte.
Bruno André, préfet du Lot-et-Garonne, a déclaré que, bien qu'une légère décrue ait été observée, il s'attend à une "remontée modérée" des eaux. En Gironde, les niveaux sont en stabilisation, mais la situation reste tendue, comme l’a noté le service Vigicrues.
Le retour des pluies, en combinaison avec de fortes marées, pourrait contribuer à l'aggravation de la situation. Richard Gauthier, maire de Bassane, a ajouté : "Nous sommes inquiets, d'autant que la crue de 2021 reste dans toutes les mémoires." Des évacuations préventives touchent déjà plus de 1.500 personnes dans le Lot-et-Garonne et plusieurs dizaines en Gironde.
"Les gens sont un peu résignés," a constaté M. Marty, reconnaissant que ces événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. Dans le Maine-et-Loire, environ 900 résidents ont également été évacués, illustrant la gravité de la situation actuelle.
Lucie Chadourne-Facon, directrice du service Vigicrues, a décrit cette période comme "exceptionnelle" pour le pays, avec des taux d'humidité des sols inédits depuis la création de l'organisme en 2006. Les fortes pluies des derniers mois ont saturé le terrain, rendant difficile le rétablissement des services de transport.
La tempête Nils a également eu de graves conséquences, causant des interruptions majeures dans l'approvisionnement électrique, touchant encore 90.000 foyers ce week-end. En Île-de-France, le mauvais temps a provoqué des modifications lourdes dans le programme de vols aux aéroports parisiens.







