"Sauvons notre prévoyance !" tel était le cri du cœur des enseignants lors d'une manifestation organisée par l'intersyndicale de l'enseignement privé sous contrat (Fep CFDT, Spelc, Snec-CFTC et CGT-EP). Ce mercredi à Valence, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant la Direction diocésaine pour faire entendre leur mécontentement face à la menace qui pèse sur leur régime de prévoyance.
Un dispositif qui existe depuis près de 50 ans
La prévoyance, établie il y a près d'un demi-siècle, est actuellement remise en question dans un contexte de réductions budgétaires, avec des économies nécessaires estimées à 66 millions d’euros par an. "Dans l'enseignement privé sous contrat on n'est pas rebelle mais si on laisse faire c'est catastrophique", met en garde Gil Serre, secrétaire général du SDEP CFDT. Il souligne les enjeux importants d’un système qui, jusqu’à présent, offrait des garanties solides en cas d’arrêt maladie.
Actuellement, ce dispositif permet un maintien de salaire pouvant atteindre 95 % dès le quatrième mois d’arrêt en cas de maladies graves ou d’incapacité. Malheureusement, à partir du 1er janvier 2027, cette couverture pourrait être réduite de moitié. "Il peut y avoir des cancers, des longues maladies, des burn-out... la prévoyance est une garantie essentielle pour avoir un complément de salaire", insiste-t-il.
Une prévoyance qui coutera 4 à 7 fois plus cher
Un autre sujet de préoccupation concerne le coût de cette nouvelle prévoyance. Actuellement, les enseignants paient entre 5 et 8 euros par mois, mais le nouveau système, qui sera désormais facultatif, coûtera beaucoup plus cher, entre 20 et 56 euros par mois. "Soit on se retrouve sans prévoyance et face à une précarité financière en cas de coup dur, soit on doit opter pour une alternative coûteuse comme celle de la MGEN, qui nous amène à dépenser jusqu’à 70 euros par mois", explique Nelly, professeure documentaliste à Crest.
Face à cette situation troublante, les syndicats planifient de futures mobilisations. Un préavis de grève national a d'ores et déjà été déposé pour durer jusqu'à la fin de l'année, indiquant la détermination des enseignants à défendre leurs droits et protections.







