À Caen, un groupe de gérants de bars, affiliés à la gauche, a utilisé quelques incidents isolés pour tenter de vilipender le Canon français. Ce 18 avril, l'événement « banquet normand », organisé par le Canon français au parc des expositions, devait célébrer convivialité et culture régionale. Pourtant, malgré l'absence de débordements notables rapportés par la police, la députée LFI Emma Fourreau a relayé des accusations allant d'attitudes racistes à des comportements agressifs dans le centre-ville après la fête.
Trois semaines plus tard, une lettre, signée par une vingtaine de gérants de bars d'un mystérieux « collectif des bars de Caen », est arrivée à la mairie, demandant l'interdiction de tels événements futurs. Le ministre de l'Intérieur a même mentionné cette mobilisation comme un signe alarmant du désordre causé par le banquet.
À l'hôtel de ville, cette initiative a suscité la surprise. Aucun dégât humain ou matériel n'ayant été signalé, Valeurs Actuelles a enquêté sur l'identité de ce collectif. Les allégations, bien que recoupées dans une certaine mesure, s'avèrent bien moins importantes que ce qui est mentionné dans la lettre. Par exemple, un établissement du centre-ville, Chez Paulette, a rapporté des comportements déplacés de la part d'un groupe, alors qu'un autre groupe, issu du même banquet, se tenait bien.
Des motivations politiques derrière cette initiative
Cette situation a été particulièrement remarquée rue Écuyère, un endroit prisé par les étudiants. Certains commerçants affirment avoir entendu des remarques racistes de certains participants, mais d'autres n'ont rien remarqué d'anormal, mentionnant seulement un afflux de clients plus important qu'à l'accoutumée. Ces témoignages divergents suggèrent qu'un ou deux groupes ont effectivement eu des comportements inappropriés, sans que la majorité des participants ne soit impliquée dans ces incidents.
La question se pose alors : pourquoi écrire cette lettre ? Un autre fait préoccupant émerge : de nombreux signataires n'ont pas directement subi les débordements, certains établissements se situant à plusieurs kilomètres du centre. Par exemple, la gérante du Café du Théâtre, qui a signé sous la pression d'un autre gérant, reconnait n'avoir pas constaté de débordements lors de la soirée. D’autres bars like le Spark ont fait de même, signant pour rester en phase avec la majorité.
Il est intéressant de noter que parmi les signataires, plusieurs bars, comme La Tomate, récemment repris par un patron aux idées plus orthodoxes, semblent désormais alignés sur des positions politiques de gauche. Ce bar, qui organise des spectacles de drag-queen, est également associé à d'autres mouvements de gauche. D'autres établissements tels que le BTKC, lieu de rencontre favori de l'extrême gauche locale, ont également des liens avec des organisations militantes.
Il sera donc important de se questionner sur les véritables motivations derrière cette lettre. S'agit-il d'un cri de désespoir de commerçants exaspérés, ou d'une initiative construite par une frange idéologisée de la vie nocturne caennaise ? Au vu des témoignages recueillis, cette seconde hypothèse pourrait être la plus pertinente.
La municipalité, ayant proposé une rencontre avec le collectif, n'a reçu aucune réponse à ce jour.







