La pension de retraite des femmes reste en moyenne 40% inférieure à celle des hommes. Face à cette inégalité, les institutions s'attèlent à réduire cet écart. Quelles sont les dernières pistes évoquées pour améliorer cette situation ?
Depuis moins de deux ans, une réforme des retraites a été mise en place, et déjà des ajustements sont envisagés. D'un côté, les partenaires sociaux tentent de définir des améliorations dans un contexte budgétaire serré. Parallèlement, le Conseil d'orientation des retraites (COR) examine diverses options pour ajuster les droits familiaux et conjugaux, qui influencent directement les pensions des femmes.
Après la dernière réforme, des problématiques essentielles concernant les droits familiaux liés à la parentalité et la pension de réversion ont été légèrement abordées, mais restent en suspens. Elisabeth Borne a confié au COR la mission de proposer des solutions visant à atténuer les inégalités existantes entre les sexes.
Le COR consulte divers experts et institutions pour soumettre des recommandations au gouvernement cet automne. Les travaux récents, effectués par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), examinent la majoration de retraite de 10% attribuée aux parents de trois enfants ou plus. Des scénarios ont été envisagés pour ajuster cette bonification, dans le but de réduire les disparités entre hommes et femmes.
Actuellement, cette majoration ne bénéficie pas équitablement aux femmes, dont les pensions sont inférieures de 40% en droit direct, et de 28% en tenant compte de la pension de réversion. Le seuil de trois enfants est également remis en question, car l'impact sur la carrière d'une femme se fait sentir dès l'arrivée du premier enfant, tandis que cela n'affecte pas de la même manière les hommes.
Comment les femmes pourraient être avantagées en 2026?
Trois scénarios ont été proposés pour rendre cette majoration plus équitable :
- Majoration forfaitaire de 150 euros pour chaque parent à partir du 3ème enfant. Ce scénario pourrait bénéficier à 17% des bénéficiaires, mais ne changerait pas significativement les écarts de pension entre les sexes.
- Majoration proportionnelle, exclusivement pour les femmes, dès le 1er enfant. Les gains pourraient atteindre 86% des femmes, avec des augmentations de 1 à 10% pour la majorité d'entre elles.
- Bonus forfaitaire pour les femmes, introduisant une augmentation de 40 euros pour le premier enfant, 80 pour le second et 160 pour le troisième ou plus. Ce dernier scénario pourrait entraîner des pertes pour certaines mères mais offrirait des gains significatifs pour les femmes aux revenus modestes.
Les experts de la Drees soulignent que ces propositions visent à garantir une certaine équité financière intergénérationnelle. Cependant, la situation reste fragile à long terme, compte tenu des déficits structurels au sein des régimes de retraite. D'autres dispositifs familiaux, tels que les majorations de durée d'assurance, sont également à envisager pour aider les femmes à valider leur durée d'assurance et à bénéficier d'une pension plus juste.







