La verrerie Duralex, renommée pour ses verres trempés réputés incassables, est à nouveau en danger. Deux ans après sa transformation en société coopérative dirigée par les salariés, l’entreprise de La Chapelle-Saint-Mesmin fait face à une crise de trésorerie qui pourrait la conduire à demander un placement en redressement judiciaire.
Les informations concernant la situation de Duralex sont alarmantes. Selon des sources proches du dossier, l’état de l’entreprise est qualifié de "sombre". Fondée en 1945, Duralex emploie actuellement 243 personnes. Malgré l’élan de solidarité suite à sa reprise, la gestion actuelle est décrite comme "catastrophique", menant l’entreprise à une "impasse". "Les caisses sont presque vides et des salariés n'ont perçu que la moitié de leur dernier salaire", ajoute une source.
Le dépôt de la demande de redressement judiciaire, prévu pour le début de la semaine prochaine, fait écho à une série de problèmes de gestion qui ont émaillé ces derniers mois. En effet, il s’agirait de la cinquième fois que Duralex se trouve confrontée à une telle situation depuis deux décennies. Le tribunal de commerce d’Orléans sera chargé d’évaluer la demande, qui doit être examinée notamment sous l'angle de la protection judiciaire nécessaire pour redresser l’entreprise.
Selon des déclarations du patron de Duralex, un audit a été initié à la demande du ministère de l’Économie, soulignant la gravité de la situation financière de l’entreprise.
Une coopérative fragilisée depuis la reprise
En 2021, lors de sa reprise par les salariés, l’entreprise avait suscité un fort élan d’optimisme et une collecte de fonds record de 20 millions d’euros, bien au-delà de l’objectif initial de 5 millions. Environ 60% des employés ont soutenu ce projet ambitieux, soutenu par les autorités locales.
Cependant, les incertitudes se sont intensifiées depuis le départ du directeur général François Marciano, un pilier de la transition coopérative. Son départ a été source de rumeurs, notamment une possible mise à pied. Sa remplaçante, Peggy Sadier, ancienne directrice des opérations, a hérité d’une situation déjà tendue où les objectifs financiers, eux, semblent de plus en plus inaccessibles.
La stratégie initiale visant un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros d'ici 2027 est désormais remise en question, certains experts jugeant ces perspectives "difficiles à réaliser" dans un cadre économique instable.







