La mobilisation cette semaine a pris une ampleur nationale. À Chambéry, environ trente personnes se sont réunies à l'initiative de l'intersyndicale CGT, FO, SNESUP-FSU et de la coordination des étudiants de Chambéry-Savoie. Leur objectif : dénoncer un décret publié le 20 mai dernier. Selon ce texte, un grand nombre d'étudiants étrangers hors de l’Union européenne verra leurs frais d'inscription exploser, passant à 2 895 euros par an pour une licence, contre seulement 178 euros précédemment. En master, la hausse est encore plus frappante : 3 941 euros, comparé à 254 euros auparavant.
Valentine, présidente de l'association Erasmus Student Network à Chambéry, partage son indignation : "J'ai un ami marocain en licence de langues étrangères appliquées, il adore ce qu'il fait, mais il s'inquiète de pouvoir financer ses études. Ce décret, c'est presque du racisme, car il cible spécifiquement les étudiants des pays non-européens".
Maude Vadot, du SNESUP-FSU et enseignante-chercheure, exprime également de sérieuses inquiétudes : "Comment pourrait-on espérer que ces étudiants, souvent issus de pays en guerre comme l'Iran ou la Syrie, puissent continuer leurs études ? On les condamne à renoncer ou à vivre dans une précarité extrême pour rembourser des dettes".
Nicolas Mourgues, vice-président étudiant en sociologie à l'USMB, souligne les conséquences graves de cette politique : "Nous avons beaucoup d'étudiants internationaux en licence de sociologie. Si ces frais se généralisent, nous risquons de perdre cette diversité et donc de réduire notre ouverture sur le monde".
Maude Vadot estime que la tendance actuelle du gouvernement à privilégier l'armement au détriment de l'éducation est préoccupante. "Cela ne fait qu'accentuer les inégalités en faisant peser le poids sur les plus vulnérables, c’est inacceptable. "Les rapports indiquent depuis longtemps la nécessité d'augmenter les frais d'inscription. Ce décret pourrait n'être qu'un prélude à une augmentation généralisée".







