Les stéréotypes persistent, et, aujourd'hui encore, une fille sur quatre choisit des études scientifiques en France. Pour remédier à cette situation, l'Académie de Grenoble a mis en place des classes spécifiques appelées "CHAMS" (Classes à Horaires Aménagés en Mathématiques et Sciences). Ces classes, qui sont paritaires, visent à offrir un parcours enrichi en mathématiques et en sciences aux jeunes filles.
Actuellement, sept établissements de Drôme-Ardèche proposent ces classes, avec une extension prévue en 2026-2027 au collège Paul-Valéry à Valence. Claire Bourdin, professeure de mathématiques à la Cité scolaire du Cheylard, souligne : "En réunion, des parents évoquent encore de vieux stéréotypes. Il est crucial de montrer aux filles qu’elles peuvent s’épanouir dans des domaines qui leur semblent inaccessibles".
L'Académie a initié ces classes avec succès en 2025, et les retours sont positifs. Les élèves bénéficient de deux à trois heures supplémentaires par semaine, travaillant même sur des projets pratiques, comme la fabrication d'une prothèse de main, une initiative menée par Saïf Hassane à Nyons. Il confie : "Nous avons des cas de jeunes filles qui présenteront ce projet pour le brevet, ce qui démontre un intérêt grandissant".
L'Éducation nationale et les défis futurs
Pour le recteur de l'Académie, il est essentiel d'attirer davantage de filles dans les métiers scientifiques. Le rapport de l'Institut Montaigne met en avant un déficit annuel de 20 000 ingénieurs en France, soulignant l'importance de diversifier le recrutement dans ces domaines. Il ajoute : "L'Éducation nationale a un rôle clé dans cette transition. Nous ne devons pas contraindre les jeunes filles mais leur offrir la possibilité de s'impliquer dans les sciences". De ce fait, les classes CHAMS s'érigent comme un véritable levier pour changer les mentalités et encourager l'égalité des chances.







