Le maire de Nice, Éric Ciotti, a récemment exprimé son engagement à améliorer la sécurité au sein du quartier des Moulins, un secteur en proie à de fréquentes violences liées au narcotrafic. Sa réponse face au sentiment croissant d'insécurité ? La création d'un nouveau poste de police municipale et une demande franche à l'État pour un "quoi qu'il en coûte sécuritaire".
Le quartier, où onze personnes ont perdu la vie en moins de deux ans en raison de conflits liés à la drogue, a été le théâtre de tragédies récentes. En juillet 2024, un incendie criminel, lié à un règlement de comptes, a coûté la vie à une famille comorienne, faisant sept victimes, dont trois enfants. Puis, en octobre 2025, une fusillade sur la place des Amaryllis a pris la vie à deux hommes innocents, déclenchant un sentiment de désespoir parmi les habitants.
Au cœur de ces événements tragiques, une tiraillement pour le contrôle des points de deal a été identifié par le parquet, même si peu de personnes impliquées dans les violences récentes étaient déjà connues des forces de l'ordre. Lundi dernier, une nouvelle fusillade a fait deux nouvelles victimes, aggravant ainsi le climat de peur qui gagne les résidents, comme l’a souligné une habitante de 66 ans exprimant son ras-le-bol face à une situation devenue insupportable.
Dans un geste symbolique, Eric Ciotti a annoncé mardi que, dès la semaine prochaine, un local associatif sur la place des Amaryllis sera transformé en poste de police. L'association Adam, qui œuvre pour le soutien scolaire et les initiatives de jeunes, se verra obligée de déménager pour permettre cette réorganisation.
De l’autre côté, des voix s'élèvent contre ce qu'elles qualifient d'approche "tout sécuritaire", le mouvement Viva! appelant à une prise en charge préventive et sociale d'une problématique qui dépasse largement la seule question de la sécurité. L'enquête concernant la fusillade de lundi est actuellement dirigée par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, avec un suivi prometteur dans l'arrêt des suspects de précédentes fusillades.
Malgré des mesures de renforcement des effectifs policiers annoncées par la préfecture, le préfet Laurent Hottiaux souligne que l’État est en train de déstabiliser les réseaux de trafic de drogues, réduisant significativement les points de deal au sein du quartier. "C'est un combat national," a affirmé Ciotti, préoccupé par d'éventuelles infiltrations de groupes criminels extérieurs.
Alors que les réponses sécuritaires s'installent, le besoin urgent d'une approche plus holistique semble se dessiner dans ce contexte explosif, où l'espoir d'un retour à la tranquillité demeure fragile.







