Un rapport récemment publié souligne la persistance des emballages plastiques dans les grandes surfaces, soupçonnant les efforts des enseignes d'être insuffisants pour répondre aux délais fixés par la loi Agec. Les ong Que Choisir Ensemble et No Plastic In My Sea ont dressé un tableau préoccupant de la situation.
Malgré les bonnes intentions affichées, les bouteilles d'eau et les légumes emballés continuent d'inonder les rayons. « Le plastique reste omniprésent, et les efforts ne correspondent pas aux enjeux actuels » dénoncent ces organisations. En effet, leur enquête a porté sur 1 659 magasins appartenant à 11 enseignes, notamment E.Leclerc et Carrefour. Ces enseignes ont, pour la plupart, partiellement répondu à un questionnaire.
Avec la loi Antigaspillage promulguée en 2020, visant la fin progressive des emballages plastiques à usage unique d'ici 2040, les résultats sont peu encourageants. Selon ce rapport, les objectifs de réduction de 20% par rapport à 2018, prévus pour 2025, risquent de rester inaccessibles, bien que certains magasins bio se distinguent par des pratiques plus respectueuses de l'environnement.
Une consommation d'eau en bouteille en hausse
Les bouteilles d'eau, véritables best-sellers des supermarchés, représentent près de 40% des plastiques à usage unique. Les ventes ont même augmenté de 3,3 % en 2025, selon des données de Circana. Pourtant, la loi Agec prévoit une réduction de 50% des bouteilles plastiques d'ici 2030.
Au rayon des fruits et légumes, les résultats sont tout aussi alarmants. L'étude révèle que 60% des fruits et légumes non bio dans les magasins traditionnels sont vendus emballés, et ce chiffre monte à 91% pour les produits bio. Les ONG dénoncent également la vente croissante de fruits et légumes découpés, ainsi que la diminution du vrac, exacerbant ainsi le problème.
Des recommandations pour un avenir durable
Le rapport émet plusieurs recommandations à l'attention des distributeurs. Il appelle à abandonner les plastiques superflus et à prioriser les initiatives de réduction et de réemploi, notamment pour les eaux et boissons. Le gouvernement est également invité à garantir les objectifs de la loi Agec.
Philippe Joguet, directeur du développement durable à la Fédération du commerce et de la distribution, tempère : « Ce qui compte, ce n'est pas la situation actuelle mais la tendance à la baisse. Les efforts déployés par le secteur sont essentiels pour atteindre les objectifs de 2030 ». Dans cette dynamique, des actions concrètes de la part des enseignes et du gouvernement seront cruciales pour répondre aux attentes des consommateurs et des mouvements environnementaux.







