À l’approche du débat sur la loi Yadan, visant à lutter contre l’antisémitisme, étudiant(e)s et militants introduisent une onde de choc sur les campus parisiens. Le 14 avril, un groupe d’étudiants a occupé l’amphi Boutmy à Sciences Po, au moment même où la directrice appelait les forces de l’ordre pour maîtriser la situation.
Cette action a été marquée par l’arrivée d’une cinquantaine de manifestants, parfois masqués et brandissant des drapeaux palestiniens. En pénétrant dans l’amphithéâtre, ils ont déployé une banderole affichant le slogan controversé « Israël Assassin » et scandé le cri de ralliement antifasciste « Siamo tutti antifascisti », rappelant des moments marquants des précédentes mobilisations. Le directeur de l’établissement, Luis Vassy, a été ciblé par des critiques pour sa gestion des récents troubles liés au sujet palestinien, avec des allusions à ses efforts jugés insuffisants.
Selon des témoignages recueillis par le syndicat UNI, la surprise a été totale tant chez les étudiants que chez les enseignants. « Beaucoup ne savent pas comment réagir face à une telle situation d’intimidation », a déclaré un représentant de l'UNI. En parallèle, le syndicat Nova a exprimé son désaccord avec ces méthodes, dénonçant une « prise en otage » des élèves et du corps professoral.
Cette mobilisation s'inscrit dans une plus large contestation de la loi Yadan, décrite par ses opposants comme une menace à la liberté d’expression. La loi, débattue à l’Assemblée, vise à pénaliser des provocations implicites à des actes terroristes, suscitant un mouvement de mécontentement croissant. La pétition lancée par des sympathisants de La France Insoumise (LFI) a déjà recueilli plus de 500 000 signatures, traduisant un large rejet populaire.
La déferlante de mécontentement s’étend, des occupations de La Sorbonne à CentraleSupélec, soulignant la volonté d’élargir la protestation. Le député LFI Thomas Portes a félicité publiquement la mobilisation étudiante sur les réseaux sociaux, qualifiant cette situation d’opposition essentielle à une « lois d’influence étrangère ». Les revendications des étudiants dépeignent un tableau désenchanté d’une institution perçue comme complice.
Au-delà des campus, ce mouvement met en lumière des fractures importantes dans la société française, déjà exacerbées par le conflit israélo-palestinien. Les militants, composée de membres de syndicats d’extrême gauche, continuent de s’organiser pour des assemblées générales dans toutes les universités, témoignant d’un engagement qui ne faiblit pas face à la controverse qui entoure la loi Yadan.







