Un mineur et un adulte demeurent en garde à vue depuis mardi suite à la tragique mort d'un adolescent de 13 ans, abattu dans une épicerie située à Villefranche-sur-Saône (Rhône), un événement encore plongé dans le flou.
Lundi, aux alentours de 13h15, le jeune, sans antécédents judiciaires, a été découvert gravement blessé à la tête dans un commerce du quartier populaire de Belleroche. Malgré l'intervention rapide des secours, il n'a pas survécu.
Le parquet de Villefranche-sur-Saône, municipalité de 70.000 habitants au nord de Lyon, avait d'abord signalé l'arrestation de deux mineurs, âgés de 12 et 15 ans, présents sur les lieux. Depuis, deux autres jeunes de 15 et 16 ans, également présents durant l'incident, ont été interpellés, comme indiqué par le parquet.
Le gérant de l'épicerie, âgé de 44 ans et lié par la famille à l'un des adolescents, a été arrêté pour "détention d'arme", selon la procureure Laetitia Francart.
Trois des adolescents ont été relâchés après leur audition, alors que le dernier, en plus du gérant, reste en garde à vue.
Mme Francart a déclaré que "l'arme n'a toujours pas été retrouvée" et qu'une enquête pour assassinat a été ouverte, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Lyon. Elle a également annoncé se dessaisir au profit du parquet de Lyon en raison de la nature criminelle de l'affaire.
Les circonstances de ce tragique événement sont encore à éclaircir, et aucune version définitive ne peut être communiquée pour le moment, a précisé la magistrate. Des habitants du quartier évoquent un "accident".
- Hommage -
Wissam, le jeune abattu, était un ami proche des deux mineurs initialement arrêtés. Hamed Salem, un ami de la famille, a affirmé que les jeunes n'étaient pas des délinquants : "Ils auraient trouvé cette arme par hasard et auraient joué avec elle avant que le coup fatal ne parte".
Abdelkader Bouterfas, 59 ans, secrétaire de la mosquée de Belleroche, a exprimé son indignation : "Il est choquant de trouver une arme dans un magasin".
Mardi soir, une soixantaine de personnes, principalement des jeunes, se sont rassemblées dans un complexe sportif du quartier pour rendre hommage à Wissam, loin des médias.
Un habitant, ayant requis l'anonymat, a exprimé sa frustration : "Ce qui m'énerve, c'est que certains disent que cela s'est passé près d'un point de deal ! Ce n'est pas une zone de non-droit ici !".
Le centre commercial où le drame a eu lieu est presque désert, entouré de petites résidences et de HLM. Beaucoup de commerces sont fermés à cause d'un projet de renouvellement urbain qui devrait se prolonger sur plusieurs années, même si quelques cafés et l'épicerie où les jeunes se sont rencontrés subsistent, comme l'a souligné M. Salem.
Le maire divers droite de Villefranche-sur-Saône, Thomas Ravier, a qualifié cet événement de "drame absolu" sur Facebook, un "choc total" pour la communauté. Il a rappelé qu'une enquête était en cours et a prié la population de "laisser la police et la justice mener leurs investigations".







