Benjamin Brière a été arrêté le 28 mai 2020 dans une région isolée d'Iran, où il voyageait seul en van. Cette incarcération a duré 1 079 jours, avant qu'il ne soit libéré le 12 mai 2023.
"Le retour, c’est une double peine. Il n’y a pas d’aide, pas d’accompagnement, rien. Il faut juste serrer les dents", confiait Brière en janvier dernier, partageant son expérience d’isolement et ses difficultés financières après sa libération, comme rapporté par La Provence.
Après ces trois ans de détention, il a déclaré au Journal du Net qu'il avait été "radié de partout". "J’ai dû me battre pour tout réactiver, à commencer par les impôts", a-t-il expliqué.
Lors de son retour, les services des impôts l'ont questionné sur son omission de déclaration pendant sa longue absence. "J’ai expliqué que j’étais en prison, et l’agente m’a répondu que même en prison, on fait sa déclaration. Oui, mais moi j’étais dans une prison iranienne! Elle a ajouté : 'Dans ce cas, votre famille aurait pu le faire'".
"Les impôts, c’était loin d’être ma priorité"
Brière a ensuite justifié son inactivité en déclarant que "la première année, je n’ai pas pu contacter ma famille et la deuxième, je n’avais qu’un quart d’heure de téléphone toutes les quatre à six semaines. Les impôts n’étaient pas ma priorité".
À son retour, il a rencontré d'autres complications administratives. Pôle emploi de Lyon lui a fait savoir qu'il n'était pas éligible à des indemnités car il avait mis trop longtemps à faire sa demande, comme le relève le Journal du Net.
Le chemin est long et éprouvant pour Benjamin Brière. "Si je continue dans cette voie, ce combat risque de devenir toute ma vie. En ai-je vraiment envie?", se demande-t-il, conscient du poids de son passé. "Survivre ne suffit pas, je ressens le besoin de me reconstruire".
Le 12 avril dernier, la direction générale des Finances publiques a réagi à ses préoccupations sur le réseau social X, offrant un écho à son combat administratif.







