En Charente-Maritime, deux viticulteurs innovants expérimentent l'utilisation de brebis pour tondre leurs vignes à la place des herbicides chimiques. Samuel Berthonnaud, 34 ans, s'apprête à intégrer cet élevage dans ses pratiques viticoles à Germignac, cœur de la région productrice de cognac. Avec une approche bio et agroforestière, il souhaite "gérer son herbe autrement qu’avec du glyphosate" en utilisant ces animaux pour entretenir ses parcelles de manière économique.
Pour mener à bien son projet, Samuel pourra s'appuyer sur l'expérience de Denis Laroche, un viticulteur pratiquant le viti-pastoralisme depuis 2020 à Messac, plus au sud. "Je n’ai pas l'intention de revenir en arrière", affirme-t-il, convaincu des bienfaits de cette méthode. Ses 15 brebis et leurs agneaux sont un véritable atout, entamant la végétation et offrant de nombreux avantages : moins de travail manuel, un compost naturel et des prairies qui se régénèrent.
« Cela me simplifie la vie »
Denis Laroche précise : "Cela me simplifie la vie : je n’ai pas besoin de faucher, le compost est fait. Je n’ai pas besoin d’acheter du foin l’été, mes autres prairies ont le temps de se régénérer." Toutefois, un inconvénient persiste : l'installation des clôtures électriques, nécessitant un déplacement régulier, représentant une journée de travail.
Ces arguments ont séduit Samuel Berthonnaud, en quête de solutions écologiques et durables. Tous deux bénéficient d'une "bourse de recherche à la ferme" de 15 000 euros octroyée par l'association Pour une Agriculture du Vivant, destinée à soutenir des projets agroécologiques innovants. 73 000 euros ont été attribués au total pour aider à l'expérimentation dans toute la France.
« Nous retrouvons simplement ce que faisaient nos anciens »
Des questions subsistent quant à l'impact de cette méthode sur la qualité des moûts, la santé des sols et les maladies de la vigne. Les viticulteurs travailleront avec des experts pour analyser ces résultats dans les trois prochaines années. Samuel va s'associer à Jade Guetté, éleveuse, pour utiliser un troupeau pendant l'hiver, période où les brebis sont plus enclines à s'attaquer aux jeunes pousses de vigne.
« Elles raffolent des bourgeons, mais consomment le raisin seulement lorsqu’il est bien mûr », plaisante Denis. C’est pourquoi le viti-pastoralisme est une pratique hivernale, dictée par les préférences alimentaires des brebis. "Nous retrouvons simplement ce que faisaient nos anciens", concluent Samuel et Denis, célébrant un retour à des méthodes plus traditionnelles et respectueuses de l'environnement.







