Dans un récent événement qui a suscité une onde de choc à travers l'Indonésie, une gérante de salon de beauté et une cliente ont été arrêtées, risquant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour blasphème. Les autorités indonésiennes ont annoncé dimanche que les arrestations avaient eu lieu après la diffusion d'une vidéo où l’une des femmes piétine un Coran.
Les deux femmes, dont les détails ne sont pas encore révélés, ont été placées en détention dans la province de Banten, sur l'île de Java. Leur cas a mis en exergue les lois strictes en matière de blasphème en Indonésie, qui prohibent tout discours pouvant être jugé offensant envers les six religions officielles, y compris l'islam, majoritaire dans le pays.
Une patronne l’aurait forcée à marcher sur le livre
L'incident a eu lieu mercredi lorsque la gérante d'un salon de beauté à Lebak a accusé sa cliente de vol. Face au déni de cette dernière, la propriétaire a exigé qu'elle prenne un serment en marchant sur un Coran, filmant même la scène à ce moment-là.
« Les deux femmes ont reconnu leurs actions, entraînant leur convocation par la police », a déclaré le porte-parole de la police de Banten, Maruli Ahiles Hutapea, dans une interview pour AFP.
Cette vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, a provoqué une réaction indignée chez de nombreux internautes. Des organisations de droits humains critiquent régulièrement les lois sur le blasphème, souvent utilisées à des fins discriminatoires contre des minorités religieuses.
De précédent cas notables, comme l'emprisonnement de Basuki Tjahaja Purnama, ancien gouverneur de Jakarta, pour blasphème en 2017, illustrent ces préoccupations.
L'Indonésie, pays à majorité musulmane avec plus de 240 millions de fidèles, doit donc naviguer dans un cadre législatif qui, selon beaucoup, pourrait faire peser une menace sur la liberté d'expression. Les voix s'élèvent également pour remettre en question la pertinence de ces lois à notre époque, à l'instar de la condamnation d'un humoriste l'an dernier pour une blague jugée offensante, qui a également soulevé des débats sur la liberté artistique dans le pays.







