Dans une opération menée le 7 avril dans la commune de Bellaffaire, un couple à la tête d'un mouvement spirituel nommé « Lève-toi » a été arrêté, soupçonné de pratiques d'endoctrinement et de dérives sectaires. Trois autres individus, impliqués dans la gestion des « dons » des membres, ont également été interpellés, comme l'indique Le Parisien.
L'affaire a été déclenchée par un signalement en décembre dernier, relayé par la gendarmerie nationale et le parquet de Dignes-les-Bains. Les enquêteurs ont rapidement découvert la structure du mouvement « Lève-toi », qui accueille ses adeptes dans un lieu désigné sous le nom de « le Refuge ».
Des adeptes plongés dans l'endettement
À la tête de ce mouvement, un homme qui se proclame pasteur, anime une chaîne YouTube, où il partage ses enseignements, attirant une audience significative. Les adeptes, une fois convaincus, sont invités à se rassembler au « Refuge », une grande propriété dotée d'une salle de prière, située au cœur des Alpes-de-Haute-Provence.
C'est ici que de nombreux adeptes se retrouvent piégés par une forte emprise psychologique. Selon les enquêteurs, plusieurs membres modifient radicalement leur mode de vie, s'endettent, coupent les ponts avec leurs proches, et, pour certains, arrêtent même leurs traitements médicaux.
Des sources judiciaires rapportent que le couple incite ses adeptes à faire des « dons », entraînant des flux financiers considérables vers plusieurs comptes bancaires. Ce système a permis au couple d'accumuler un patrimoine immobilier important en France et à l'étranger, incluant des biens en Belgique, en Suisse et en Israël.
Le pasteur face à la justice
Après plusieurs mois d'enquête, le couple ainsi que trois complices ont été placés en garde à vue le 7 avril. Les objets de valeur saisis comprennent des avoirs totalisant 920 000 euros, englobant la propriété « Le Refuge », de l'argent liquide, des métaux précieux, et un véhicule.
Le pasteur, quinquagénaire, a été mis en examen pour « abus de faiblesse en bande organisée », « escroquerie à l'encontre de personnes vulnérables » et « blanchiment de fraude fiscale ». Il a été placé sous détention provisoire, tandis que la décision concernant les autres suspects sera prise prochainement.
L'enquête continue afin de déterminer l'étendue des crimes commis et d'identifier potentiellement d'autres victimes. La gendarmerie invite toute personne concernée à les contacter au 04.92.30.11.00.







