Claire Hédon, défenseure des droits, a présenté son dernier rapport le 9 avril, mettant en avant une administration de plus en plus inaccessible. Le nombre de réclamations a atteint un niveau jamais vu, avec 250 000 demandes enregistrées l’an dernier, ce qui représente une hausse de 17 % par rapport à 2024 et de 70 % depuis 2020, selon L'Humanité.
Cette situation alarmante est liée à la dématérialisation des procédures, à la raréfaction des guichets physiques et à la complexité croissante des démarches administratives. Claire Hédon souligne que ces changements privent les personnes les plus vulnérables des ressources nécessaires, aggravant ainsi leur précarité. "La dématérialisation ne devrait pas être le seul moyen d'accès aux services", insiste-t-elle.
Des droits en danger
Les réclamations relatives aux droits des étrangers ont explosé, passant de 10 % à plus de 40 % des demandes. En 2019, le nombre de réclamations n'était que de 6 000 ; il a depuis dépassé les 50 000 l’an dernier. Plus de 75 % de ces cas sont liés aux difficultés rencontrées avec les services préfectoraux, due à un manque de personnel et à des dysfonctionnements dans la plateforme Anef, qui gère les demandes numériques des étrangers en France.
"Ces problèmes structurels exposent des milliers de personnes à des situations d’irrégularité et entraînent des ruptures de droits graves, comme la perte d’un emploi ou d’un logement", prévient Hédon. Elle ajoute que la justice, qui représente 9 % des réclamations, est également source d’inquiétude, en particulier pour les droits des détenus, qui font souvent face à des conditions de détention dégradantes.
Les réclamations fondées sur des motifs de discrimination continuent de croître, notamment pour des handicaps ou d'origine. Hédon rappelle que ces problèmes ne sont pas que des chiffres : "Derrière chaque demande, il y a des vies affectées par des dysfonctionnements administratifs". Elle appelle à des solutions durables pour remédier à ces lacunes dans l'administration publique.







