Dans le charmant village de Lanne-en-Barétous, Lydie Althapé partage son quotidien de maire avec passion. Émaillé d’héritages familiaux complexes, son chemin vers cette fonction était loin d'être tracé. "Je ne voulais surtout pas être maire", révèle-t-elle, racontant comment elle a d’abord fui les traces de son père, Louis Althapé, qui a dirigé la commune durant 37 ans avant de tomber sous le poids d'une tempête judiciaire.
Dans son bureau, l'écharpe tricolore qui orne le mur témoigne d’une mission qui l'engloutit sans cesse. "C'est le symbole de ma présence permanente ici", explique-t-elle. "Être maire, c'est un engagement 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Même quand l’envie de faire une pause se fait sentir, le rôle nous rattrape."
Rattrapée par l'héritage familial
La jeunesse de Lydie a été teintée par les répercussions de l’héritage familial. Elle se remémore un père "dévoué, mais souvent absent". Les événements tragiques de son enfance ont laissé des cicatrices : "Quand l’affaire judiciaire a éclaté, j’étais plongée dans mes études de droit. À l’université, tout le monde parlait de l’"Althapé escroc".", confie-t-elle, le regard empreint de souvenirs. Pourtant, après plusieurs années à Paris, elle fait le choix de revenir en Béarn, propulsée par un désir de renaître et de redéfinir son identité.
Elle se présente aux élections municipales de 2014, faisant fi des scepticismes familiaux. "On disait que je me lançais seulement parce que mon père l’avait fait avant moi, alors que j’étais en désaccord total avec ma famille sur cette décision. C’était ma volonté.", dit-elle, fière de se forger un prénom à travers les méandres de l'héritage familial.
Être la première femme maire de sa commune
En tant que première femme à occuper ce poste, Lydie Althapé affine son expérience dans une atmosphère parfois hostile. Elle dénonce la misogynie banale qui accompagne son rôle : "Lors des réunions, on me demande souvent si j'ai rendez-vous, comme si je n’étais pas là pour travailler", souligne-t-elle avec détermination. Mais elle refuse d’adopter une posture de victime, préférant affirmer avec conviction : "J’ai la légitimité de mon rôle, et je suis ici pour la remplir avec toute ma force."
Pendant la campagne, on boit beaucoup de cafés
À Lanne-en-Barétous, elle initiated une rencontre authentique avec ses concitoyens, livrant ses tracts personnels et engageant des conversations directes. "C’est un moment que j’affectionne, même si cela peut mener à des échanges âpres, parfois nourris de rancune."
Ce parcours, initié avec une certaine appréhension, démontre une résilience inspirante, non seulement pour Lydie Althapé, mais aussi pour toutes les femmes qui aspirent à des fonctions de leadership dans des milieux sous-représentés. Réaffirmant les valeurs d’engagement et de proximité, elle se bat pour que sa voix et celle des siens soient entendues, transformant ainsi son histoire en une force pour la constitution d’une commune dynamique et inclusive.







