À un an de l'élection présidentielle de 2027, la lutte pour le leadership au sein de la gauche se renforce. Le presque candidat de Place Publique, Raphaël Glucksmann, a récemment rassemblé entre 3 000 et 4 000 personnes à Aubervilliers, marquant un premier temps fort de pré-campagne après la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis.
Lors d'une intervention sur BFMTV, le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a affirmé que Mélenchon demeure « le seul » candidat de gauche en mesure de vaincre le Rassemblement National lors du prochain scrutin présidentiel. Déjà candidat à l'Élysée pour la quatrième fois, Mélenchon incarne, selon Bompard, une alternative crédible aux politiques d'Emmanuel Macron depuis 2017.
« Il propose un projet de rupture avec le pouvoir en place », a-t-il insisté, mettant en exergue un programme centré sur le partage des richesses, l’augmentation des salaires, et une écologie planifiée, tout en prônant une VIe République.
Une confiance inébranlable face au RN malgré des sondages défavorables
Alors que le RN domine actuellement les sondages, Bompard affiche une confiance indéfectible quant à la possibilité d'un second tour face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen. « Nous sommes prêts à battre le candidat du Rassemblement National », a-t-il déclaré, jugeant que ni Bardella ni Le Pen ne présentent de réponses pertinentes aux challenges contemporains de la France.
Ce discours optimiste se heurte néanmoins à des résultats de sondages alarmants, montrant Bardella largement en tête en cas de match de fin de parcours. Un sondage Harris, réalisé fin mai, attribue 68% des voix à Bardella contre 32% pour Mélenchon.
La rivalité avec Glucksmann et l'exclusion d'une union
Les propos de Manuel Bompard interviennent dans un contexte de concurrence accrue à gauche. Glucksmann, qui n’a pas encore officialisé sa candidature, exhorte au rassemblement de la gauche tout en écartant clairement Mélenchon de son projet. Selon des déclarations reprises par Le Parisien, Glucksmann a exprimé que la présence de Mélenchon au second tour équivaudrait à « garantir la victoire » des candidats du RN.
Bompard s'oppose fermement à cette vision, rejetant l'idée que les sondages actuels soient un reflet de la réalité politique. Il accuse Glucksmann et d'autres figures de la gauche de fragiliser Mélenchon plutôt que de concentrer leurs critiques contre l’extrême droite. « Tous ceux qui n'ont aucune chance de se qualifier cherchent à éroder la candidature de Jean-Luc Mélenchon », affirme-t-il, saluant la « dynamique incontestable » dont bénéficie son allié.
Pour étayer son propos, Bompard a évoqué l’énorme mobilisation lors du meeting de Mélenchon à Saint-Denis, qui a attiré près de 26 000 participants, tandis que Glucksmann ne rassemblait que quelques milliers de personnes.
En attendant, les deux leaders figurent parmi les mieux placés dans les sondages, avec des intentions de vote oscillant entre 13% et 16% selon une étude commandée par le JDD.







