Les États-Unis et l’Iran ont acté dimanche un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban. Le texte, qui sera signé ce vendredi en Suisse, prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz. Cependant, les discussions sur le programme nucléaire iranien, sujet sensible, seront abordées ultérieurement.
Ce sont les autorités pakistanaises, médiatrices dans ce conflit, qui ont été les premières à annoncer la grande nouvelle, par l'intermédiaire de leur Premier ministre Shehbaz Sharif. “Après des négociations intensives, nous sommes heureux de déclarer qu'un accord de paix a été atteint entre les États-Unis et l'Iran,” a-t-il annoncé sur X, relaye le site Dawn. “Les deux nations ont convenu de cesser immédiatement toutes actions militaires sur tous les fronts, y compris au Liban.” La signature officielle est prévue pour le 19 juin en Suisse.
Bientôt après, Donald Trump, qui célébrait ce jour-là son 80e anniversaire, a confirmé sur Truth Social que l'accord avec l'Iran était “finalisé”. Il a ajouté de manière triomphale : “Je donne mon approbation totale pour la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage, et en même temps, je lèverai le blocus naval américain. Que le pétrole coule à flots à nouveau!” En effet, la réouverture est prévue dès le 19 juin, une fois l'accord signé.
L’Iran a aussi confirmé l'accord, précisant que “des discussions en vue d’un accord définitif auront lieu dans un délai de 60 jours”, comme rapporté par Middle East Eye.
Des enjeux encore à clarifier
Le texte intégral de l’accord n'a pas encore été divulgué, mais ses principales lignes avaient commencé à circuler dans les médias. Les discussions incluront la levée du blocus américain sur les ports iraniens, le dégel des avoirs iraniens et la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture a eu des répercussions sur l'économie mondiale.
Suite à l’annonce, le prix du pétrole a subi une chute immédiate, enregistrant “une baisse de plus de 5 %” lundi matin, pour atteindre 80,25 dollars le baril, le niveau le plus bas depuis le 10 mars, selon CNBC.
Après quatre mois de conflit, “chaque camp souhaite présenter cet accord comme un triomphe diplomatique”, note The New York Times. “Cependant, de nombreuses questions essentielles, comme celle du programme nucléaire iranien et des sanctions contre Téhéran, restent en suspens et devront être traitées lors de prochaines négociations”.
Au-delà des accords
La BBC rappelle que “des interrogations demeurent” concernant “des points fondamentaux, telle la nature des restrictions appliquées à l’enrichissement et le sort du stock d’uranium hautement enrichi en possession de l’Iran”.
“Ces questions pourraient sans doute être abordées dans le cadre des négociations à venir et des dialogues techniques durant les 60 jours de trêve,” ajoutent les journalistes. “Cependant, l’historique des tentatives pour dissuader l'Iran montre qu'il n'existe aucune garantie quant au succès de ces accords”.
Pour Axios, même si ce protocole ne résout pas toutes les divergences entre Washington et Téhéran, il représente “une avancée diplomatique majeure” qui “permettra de gagner du temps pour les négociations sur le nucléaire”.
Un équilibre délicat
Si cet accord est effectivement concrétisé, il pourrait mettre un terme à un conflit “déclenché par les États-Unis et Israël le 28 février, qui a déjà coûté la vie à plus de 7 000 personnes, modifié les alliances régionales, et fragilisé l’économie globale”, souligne El País.
“Ce long chemin nous ramène finalement à la situation préconflit: le détroit d’Ormuz rouvert et une promesse iranienne de ne pas développer d'armes nucléaires,” critique le quotidien.
Comme le dira Sami Hamdi, expert du Moyen-Orient et directeur du cabinet de conseil International Interest, “le succès de cet accord dépendra en grande partie de la capacité de Trump à contenir” le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
“Une fois que le Pakistan a proposé la cessation des hostilités, Israël a cessé d'attaquer l'Iran mais a intensifié ses offensives contre le Liban,” accuse-t-il lors d'un entretien avec Al-Jazeera. “Et lorsque le Pakistan a requis l'inclusion du Liban dans le cessez-le-feu, Trump a semblé en modifier les conditions pour l'exclure. La question se pose : agira-t-il de la même manière cette fois-ci?”







