Sous-préfet depuis le 13 juin 2024, Thomas Ricard s'apprête à rejoindre la préfecture de l'Hérault, à Montpellier, à compter de lundi 18 mai 2026.
Pour son dernier jour dans son bureau de Montmorillon, mercredi 13 mai 2026, Thomas Ricard, entouré de quelques dossiers restants, revient sur son expérience. Le nom de son successeur n'est pas encore dévoilé.
Quelles sont vos impressions sur Montmorillon et son territoire ?
Thomas Ricard : « J'ai découvert que Montmorillon, loin d'être isolée, bénéficie d'une situation géographique favorable. Son patrimoine et son dynamisme économique, notamment avec la centrale nucléaire et des entreprises innovantes, font de cette ville un lieu attractif, surtout pour un passionné de course à pied. »
Quel est le rôle d'un sous-préfet au quotidien ?
« Je suis l'interlocuteur entre l'État et le territoire. Mon but est de mettre en œuvre les politiques publiques, tout en défendant les intérêts de la ruralité. En deux ans, j'ai parcouru 100 000 km et rencontré les maires de l'ensemble de l'arrondissement, les accompagnant dans leurs projets et demandes de financement. »
Quels étaient les principaux défis à votre arrivée ? Ont-ils évolué ?
« Les inondations de 2024 avaient laissé des cicatrices profondes. J'ai rencontré de nombreux élus et commerçants touchés. Aujourd'hui, les mêmes priorités demeurent : éducation, santé, emploi et énergies renouvelables. »
Comment évaluez-vous l'état d'esprit des maires face à la baisse des subventions ?
« La situation financière des collectivités est tendue. Les élus sont préoccupés par la possibilité de lancer de nouveaux projets. Nous travaillons en collaboration, établissant des priorités telles que l'éducation et l'économie. Cette coopération entre le préfet et les maires fonctionne bien. »
Concernant les fermetures de classes, quelle est votre approche ?
« Avec une baisse du nombre d'enfants, il est crucial d'anticiper l'avenir des établissements scolaires. Nous devons modeler nos décisions en concertation avec la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale, en veillant à protéger les intérêts des enfants. »
Quelles mesures l'État met-il en place face à la désertification médicale ?
« Une amélioration est visible grâce à des maisons de santé, comme celle à Civray, subventionnées par l'État. Celles-ci permettent de répondre à la demande croissante de soins dans le Sud-Vienne. »
Comment jonglez-vous entre développement énergétique et acceptation communautaire ?
« C'est un équilibre delicat, car il faut respecter les objectifs nationaux tout en tenant compte des attentes locales. Les consultations et l'analyse des risques sont essentielles dans mes missions. »
Quelles démarches avez-vous entreprises pour aider les agriculteurs ?
« Nous avons identifié les agriculteurs en difficulté et travaillé sur des solutions pour réduire leurs coûts tout en augmentant les aides. La pérennité de leur activité est cruciale. »
Enfin, quelle initiative ou succès local vous a particulièrement impacté ?
« La start-up Ziegler, à Millac, développant des outils de débroussaillage autonomes, illustre le dynamisme de notre territoire. Cette entreprise a attiré des jeunes talents et reçu des aides significatives pour se développer. »







