Selon une enquête révélée par Le Monde, Lagardère News, le groupe qui détient Europe 1 et le Journal du Dimanche, a cherché à influencer les travaux d'une commission d'enquête parlementaire consacrée à l'audiovisuel public. En effet, des questions préparées ont été transmises à plusieurs députés membres de cette commission.
Entre novembre 2025 et avril 2026, la commission, dirigée par Charles Alloncle (UDR) et Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a organisé 67 auditions. Les documents fournis par Lagardère, qui contenaient des questions en phase avec un ton critique envers le service public, ont suscité des préoccupations quant à leur provenance. Le rapporteur Alloncle a déclaré avoir reçu ces questions, sans pour autant les utiliser, affirmant que les députés sont régulièrement soumis à des influences extérieures dans le cadre de leur travail. "Chaque jour, les députés sont confrontés à des propositions de ce type, ce que les entreprises appellent les 'affaires publiques'", a-t-il précisé.
Les questions envoyées par Lagardère demandaient, par exemple, à Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, de justifier une prétendue violation des règles déontologiques. Ce genre d'attaque était en réaction aux critiques qu'elle avait émises à l'encontre de CNews, qualifiée de "chaîne d'extrême droite". Les documents ciblaient également Sibyle Veil, présidente de Radio France, sur sa gestion des accusations de biais politique au sein de ses antennes et des poursuites judiciaires contre CNews et Europe 1 pour "dénigrement".
Les inquiétudes sur ces ingérences ont été clairement exprimées par Jérémie Patrier-Leitus, qui a dénoncé ces actions comme "des tentatives d'ingérence inédites". Ce lundi 27 avril, la commission se réunit pour décider de la publication de son rapport, très attendu par l'opinion publique. Pour l'instant, le groupe Lagardère a choisi de ne pas commenter ces révélations.







