Fragilisée par de récents revers électoraux, Marine Tondelier, la figure montante des Écologistes, a décidé de recentrer sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027 sur des propositions concrètes. Lors d'une récente conférence de presse, elle a affirmé vouloir apporter "du fond" à un débat trépidant, tout en défendant l'idée d'une primaire à gauche, malgré des avis divergents au sein de son propre parti.
Les critiques fusent, notamment de la part de certaines figures de la gauche, qui lui reprochent son focus sur la primaire, jugée non unanime. Des personnalités comme Raphaël Glucksmann, de Place publique, ou encore Jean-Luc Mélenchon lui ont clairement signifié leurs réticences. Quant à Boris Vallaud, chef des députés du PS, il a exprimé des doutes sur la pertinence de sa stratégie actuelle.
Malgré ces freins, Tondelier insiste sur la nécessité d'un socle programmatique "partagé" avec d'autres partis de gauche, excluant toutefois La France Insoumise. "Là où LFI s'engage, nous ne pouvons les suivre", a-t-elle déclaré, en référence aux récentes polémiques autour de Mélenchon.
Parmi ses propositions figurent l'augmentation du Smic, une revalorisation de 15% du salaire des enseignants et la régularisation des travailleurs sans papiers. "Pour gagner la sympathie des électeurs, il faut incarner des idées positives et engageantes" a-t-elle affirmé, ajoutant qu'elle avait initié un projet de 500 propositions, recueillant 8 500 contributions de citoyens.
Son discours prône une "prospérité écologique" tout en s'attaquant aux sujets de la sécurité sociale et des "territoires oubliés" de l'écologie. Pourtant, en interne, son leadership fait l’objet de débats houleux. Lors d'un conseil fédéral extraordinaire, ses opposants ont souligné que les récentes municipales avaient résulté en une "défaite" significative pour le parti. Karima Delli, ancienne eurodéputée, a même évoqué un manque de communication concernant le bilan des maires écologistes.
Pour Jérémie Iordanoff, député écolo, la priorité doit être d'abandonner les querelles internes pour que les idées priment sur les questions de désignation. L'économiste et militante Sandrine Rousseau a, quant à elle, critiqué le recentrement de Tondelier sur le PS, arguant que cette stratégie pourrait affaiblir l'identité écologique du parti.
La critique est partagée par plusieurs membres qui craignent que cette ambiguïté entraîne un déclin de la cause écologique au sein du PS. Des défections du côté des écolos se profilent déjà, des membres mécontents ayant formé un nouveau mouvement, "les Verts populaires", pour rassembler ceux qui souhaitent un rapprochement avec l'aile plus radicale de gauche.
Marine Tondelier se trouve donc à un tournant décisif. Sa capacité à recentrer le débat sur des propositions solides et à unir sa base sera cruciale pour l'avenir de son parcours politique et celui des Écologistes.







