Le gouvernement a révélé en Conseil des ministres ce 8 avril une mise à jour significative de la loi de programmation militaire (LPM). Ce projet ambitieux prévoit un investissement total de 413 milliards d'euros pour la période 2024-2030, incluant 36 milliards d'euros additionnels destinés à renforcer les capacités des trois armées françaises. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a souligné l'importance de préparer nos forces pour des engagements de haute intensité, précisant : "Nos forces armées doivent être prêtes à faire face à un engagement majeur dans un horizon que personne ne peut prévoir."
D'après le projet, il n'est pas prévu de renforcement des effectifs militaires, qui resteront à 210 000 soldats, soutenus par 225 avions de combat et 15 frégates. En revanche, enrichi par les leçons tirées du conflit russo-ukrainien et des tensions au Moyen-Orient, le budget va considérablement augmenter les stocks de munitions. Une enveloppe additionnelle de 8,5 milliards d'euros est allouée à cet effet, portant le total à 26 milliards pour l'ensemble de la période. Les prévisions annoncent une augmentation spectaculaire de 400 % pour les munitions téléguidées, de 240 % pour les bombes AASM, de 85 % pour les missiles de croisière Scalp, ainsi que des hausses significatives pour d'autres systèmes d'armement.
Des drones et une défense antiaérienne renforcée
Le gouvernement destine également deux milliards d'euros supplémentaires à l'acquisition de drones, portant l'effort total à 8,4 milliards d'euros. À l'horizon 2030, les forces armées seront dotées de 10 systèmes de défense aérienne SAMP/T de nouvelle génération, capables d'intercepter des missiles balistiques. En outre, l'acquisition de 500 nouveaux fusils brouilleurs et de radars antidrones sera également mise en avant, ainsi que des canons antiaériens pour garantir la protection des bases.
Un programme innovant de missile sol-sol balistique, d'une portée de 2 500 km, est également prévu, s'inspirant du projet européen Elsa. Le développement d'une capacité d'alerte avancée permettra de détecter et de suivre les menaces ennemies. Au total, les dépenses allouées à la défense spatiale devraient également augmenter de 3,9 milliards d'euros, atteignant 10,1 milliards d'euros au cours de cette loi de programmation.







