Le dimanche 29 mars, peu après son élection, Christophe Barthès, le nouveau maire de Carcassonne, a signé son premier arrêté visant à réglementer les activités considérées comme des troubles à l’ordre public, en particulier la mendicité. Cependant, ce texte a été rapidement abrogé le 3 avril et remplacé par une version révisée qui modifie l’étendue géographique de l’arrêté initial.
Lors de la réunion du conseil municipal prévue le 9 avril, le maire et son équipe aborderont le débat d’orientation budgétaire pour la mandature 2026-2033. Malgré l’importance de ces discussions, Christophe Barthès a attiré l’attention des médias avec son arrêté anti-mendicité, provoquant un véritable engouement médiatique. Son adjoint, Florent Ghisi, a même déclaré : "C’est très positif, on parle de la ville de Carcassonne", rappelant ainsi l’adage de Léon Zitrone selon lequel l'important est de faire parler de soi, peu importe la nature des commentaires.
Cependant, dès le lendemain de l’adoption de ce texte, la visibilité médiatique du maire a chuté. Cette situation a conduit à un nouvel arrêté sur la mendicité, peu après la première version, sans changement significatif concernant les comportements interdits tels que la consommation d’alcool sur la voie publique. Les mesures doivent désormais être appliquées jusqu’au 30 juin, du lundi au samedi, entre 11h et 23h.
Ce qui attire particulièrement l’attention, c’est le modeste "champ d’application géographique". L’arrêté initial mentionnait des zones critiques concernant les attroupements autour de la place Carnot et de certains commerces. En revanche, des points importants tels que la rue Clemenceau, bien connue des Carcassonnais mais dont l’existence administrative était absente, ont finalement été ajoutés dans la version révisée.
Les rues Clemenceau et Cros-Mayrevieille ajoutées
Le 2e arrêté remplace ainsi la référence à la "rue de la gare" par les "rue Georges Clemenceau et rue Courtejaire", tout en intégrant d’autres axes significatifs. Ceci inclut les rues Victor-Hugo et Chartran, ainsi que plusieurs boulevards et squares. La rectification a également permis de remplacer "Charles de Gaulle" par "place du Général de Gaulle".
Requête à venir de la Ligue des droits de l’Homme
Toutefois, cette série de modifications n'a pas satisfait tout le monde. La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a annoncé le 3 avril son intention de déposer un recours en annulation de l’arrêté, soutenant que ce dernier vise à évincer les personnes en situation de précarité du centre-ville, argument non soutenu par des éléments tangibles de perturbation de l’ordre public.
Cette controverse autour de l’arrêté anti-mendicité soulève des questions sur la façon dont les politiques locales abordent les enjeux de pauvreté et d'espace public, reflet d'un débat plus large sur la solidarité et l'inclusion en France.







