Mardi 7 avril, une discussion animée à l'Assemblée pourrait redessiner la carte régionale en France, avec l'Alsace sur le devant de la scène.
Cette question se trouve sur la table dix ans après la réforme des grandes régions instaurée par François Hollande. La proposition de loi, portée par Brigitte Klinkert, députée Renaissance du Haut-Rhin, vise à « simplifier le millefeuille territorial » par la création d'une collectivité unique. Bien que la portée nationale initiale ait été abandonnée, le projet se concentre désormais exclusivement sur l'Alsace. En 2021, la région avait déjà vu fusionner le Haut-Rhin et le Bas-Rhin pour donner naissance à la Collectivité européenne d'Alsace (CEA), qui pourrait récupérer des compétences régionales si la loi passe.
« L'Alsace a une identité forte, tant administrative qu'économique », a souligné Brigitte Klinkert lors d'un entretien avec Le Figaro. Elle évoque un « désir d'Alsace » toujours présent, soutenue par Gabriel Attal, président du groupe Renaissance à l'Assemblée. Ce dernier a promis de défendre la région avec force, comme il l'a déclaré aux Dernières Nouvelles d'Alsace.
Une vision controversée de l'avenir régional
Les défenseurs de cette réforme, comme Frédéric Bierry, président de la CEA, affirment que la fusion des compétences régionales et départementales créerait plus d'efficacité administrative. Ils avancent également que la création d'une région Alsace pourrait engendrer des économies considérables, jusqu'à cent millions d'euros par an. Ce soutien a été formalisé par une pétition signée par 97 députés de divers horizons politiques.
Cependant, la proposition suscite de vives critiques. Dix présidents de région, dans un article publié par La Tribune Dimanche, ont qualifié ce projet d'« erreur historique et institutionnelle ». Franck Leroy, président du Grand Est, a qualifié le texte de « bricolage institutionnel », ajoutant que les socialistes ont déjà déposé une motion pour en demander le rejet. Pour être adoptée, la loi devra obtenir au moins 289 voix ce mardi, avant d'être examinée par le Sénat.







