Démarré en 2016 avec la promesse de transcender les divisions politiques, le macronisme a permis à Emmanuel Macron de s'établir solidement au pouvoir. Cependant, une décennie plus tard, son projet semble affaibli, sans ligne directrice idéologique claire, dans un pays plus polarisé que jamais.
Le 6 avril dernier a marqué le dixième anniversaire du tout premier mouvement politique créé par Emmanuel Macron, initialement baptisé "EM" pour "En Marche". Lors d'une réunion publique modeste à Amiens, sa ville natale, il a lancé ce projet avec peu de soutiens politiques évidents. À l'époque, le ministre de l'Économie jurait que la présidentielle n'était "pas sa priorité", mais il ne tarda pas à démontrer le contraire.
Son objectif était de bâtir un mouvement politique "pas comme les autres", "ni de droite ni de gauche", visant à "dépasser les blocages" et à "en finir" avec "l’immobilisme". Ce défi a rapidement porté ses fruits : une victoire éclatante en 2017, suivie d'une réélection en 2022, lesquelles ont placé Macron dans une position que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’ont pas réussi à atteindre.
Cependant, cette réussite personnelle s'accompagne d'un constat amer. Selon le politologue Brice Soccol, nous sommes en pleine "ère des radicalités" à l'approche des prochaines élections, où des mouvements tels que La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) gagnent en puissance. Cela soulève des questions cruciales : le macronisme pourra-t-il se réinventer ou se heurtera-t-il à des obstacles insurmontables dans un paysage politique en pleine mutation ?







