De la grand-messe du journal télévisé aux contenus sur les réseaux sociaux, la chaîne locale du groupe La Nouvelle République a su se transformer tout en tissant un lien unique avec son territoire et ses habitants.
C'est ici, dans un ancien hangar de La Nouvelle République, que l'histoire a commencé il y a 20 ans. Aujourd'hui, ce studio se démarque comme l'un des plus grands de toutes les télévisions locales en France. Émilie Tardif, actuelle directrice de Val de Loire TV, a intégré la chaîne en 2011 en tant que chroniqueuse.
Elle a vite compris l'essence de la chaîne, qui demeure inaltérée jusqu'à ce jour. « La taille de notre studio a certainement influencé notre ligne éditoriale : informer, divertir, rassembler. » Dans cet espace, le plateau du journal télévisé coexiste avec une scène où les invités peuvent présenter leurs talents. Émilie Tardif insiste sur le fait que « nous souhaitons valoriser notre territoire à travers le divertissement. » Cela implique de donner la parole à des bénévoles de festivals, des enseignants qui autoéditent des ouvrages, ou même des artistes émergents qui n’ont pas encore eu les faveurs des grands médias.
Un jeu qui a fait des émules
La directrice souligne la volonté de la chaîne de maintenir son ancrage populaire. « Les téléspectateurs désirent découvrir les coulisses d'un studio de télévision. Nous voulons leur ouvrir cette porte. Avoir une télé locale inaccessible serait vraiment regrettable. » En plus des reportages et des débats, Val de Loire TV a été pionnière en proposant un jeu, Qui veut gagner des rillons ?, à la rentrée 2021. « Nous avons également aidé cinq autres chaînes à mettre en place des concepts similaires, et nous proposons une émission où les participants cuisinent, intitulée La Bonne étape. »
« On reste un peu une télé MacGyver »
Au fur et à mesure de la visite, Émilie Tardif évoque les instruments des débuts de la chaîne : le prompteur et des projecteurs qui ont pu éclairer Michel Denisot, le parrain du lancement le 20 mars 2006. « Bien que nous disposions maintenant de caméras robotisées et d'éclairages LED, nous restons un peu cette télé MacGyver, ingénieuse et débrouillarde ; c'est un lieu où les jeunes journalistes ont l'opportunité de s'exprimer et d'expérimenter, tout en permettant aux anciens de se défier avec de nouveaux formats. »
En vingt ans, Val de Loire TV a adapté son approche. « Nous avons évolué d'une grand-messe du JT à des formats qui répondent aux nouveaux usages des téléspectateurs, partout et tout le temps, » précise Émilie Tardif. « L'enjeu actuel est d'être omniprésents, et de se positionner en tant que producteurs de contenu engagés au sein de notre territoire. » En Indre-et-Loire et Loir-et-Cher, elle atteint 2,8 % d’audience, un score comparable à celui de Canal+, et intensifie sa présence sur les réseaux sociaux pour toucher un public au-delà de la région.
La chaîne collabore avec Ciclic, l'agence régionale dédiée à la culture numérique, pour produire des documentaires et des courts-métrages. Le film Beurk, de Loïc Espuche, préparé durant une résidence à Vendôme, a remporté un César et été nommé aux Oscars. De plus, Val de Loire TV coproduit le programme 1, 2, 3 musette, diffusé pendant l’après-midi. « Les participants qui dansent viennent tous de la région. »
Au sein du groupe La Nouvelle République, Val de Loire TV participe activement à la couverture des élections municipales. La chaîne a organisé des débats entre les candidats du Val de Loire et du Poitou. « Nous proposons également des émissions spéciales, hors plateau, comme celles dédiées au passage de la flamme des Jeux Olympiques, » note Émilie Tardif, en plus du direct de la cérémonie des étoiles Michelin à Tours. « Bien que notre vingtième anniversaire coïncidait presque avec le second tour des municipales, nous avons décidé de le célébrer lors de la foire de Tours, avec un direct de plus de trois heures et en impliquant nos partenaires, comme les collectivités locales et les annonceurs. »
« Nous savons que nous avons une mission de service public. Les études montrent que les citoyens font confiance à leurs médias locaux, » soutient Émilie Tardif. « Des recherches aux États-Unis révèlent que partout où les médias locaux déclinent, la démocratie aussi. »
Créer un « Netflix des télés locales »
L'ambition est désormais d'établir un « Netflix des télés locales » afin que tous les diffuseurs, pas uniquement les grands opérateurs, soient accessibles aux citoyens. Val de Loire TV est ainsi l'un des fondateurs de la plateforme Locales Plus.







