La commission parlementaire sur l’audiovisuel public a révélé et stigmatisé. Sera-ce utile pour son avenir, qui divise les groupes politiques ?
Louis Gérin, de Trogues (Indre-et-Loire) : « Une nouvelle étape vers une possible liquidation de l’audiovisuel public semble imminente. Déjà affaibli par la suppression de la contribution audiovisuelle et la déclinaison des conventions collectives, le secteur attend le sort qui sera réservé à sa future holding et à la fusion des sociétés d’audiovisuel.
« Parmi les groupes parlementaires, Renaissance, Les Républicains, et Horizons soutiennent ces propositions, tandis que le RN prône une privatisation totale, plaidant que cette démarche s'inscrit dans leur logique.
« La gauche réclamait, quant à elle, un retour à une contribution proportionnelle au financement de l’audiovisuel public. LFI a ainsi proposé un amendement en référence au travail de Julia Cagé, qui prône un modèle de redevance audacieuse.
« Les syndicats, eux, appellent à un financement pérenne et indépendant, sans énoncer clairement comment cela pourrait se concrétiser. Je crains que cette indépendance ne soit qu'une illusion, tant le gouvernement garde les clés de la loi de finances grâce à son pouvoir d'initiative.
« Historiquement, la redevance audiovisuelle assurait l'autonomie de l'ORTF. La demande d'un financement spécifique sera-t-elle réellement prise en compte ? Tous ensemble, auditeurs, usagers, clamons : “Sauvons l’audiovisuel public !”
Une caste audiovisuelle
Jean-Claude Taupin, de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire) : « De Gaulle, durant son mandat, a souvent été critiqué pour avoir utilisé le ministère de l'Information. Si ce n'était pas parfait, n'était-ce pas commun à d'autres pays de réguler l'information ? Ce qui est paradoxal, c'est que Mitterrand, fervent opposant, a ensuite mis en place une doxa semblable.
« La normalisation en pure communication brouille le message politique »
« L'info a évolué grâce au numérique, mais apparaît souvent comme une simple communication qui altère le discours politique. Le service public, détérioré par une vision univoque, semble confondre vérité et propagande.
« Cette manipulation de longue date a eu pour effet de discréditer les voix dissidentes, tant sous Chirac que Sarkozy. J'ai trouvé le rapport Alloncle salutaire, dénonçant une caste audiovisuelle fusionnant pouvoir et médias.
« Je rappelle le rapport Perruchot de 2011, qui a été ignoré, révélant une gestion scandaleuse. La présidence de France TV, avec des salaires exorbitants, montre un décalage évident avec la réalité. »
Cheval de Troie
Jean-Pierre Lautman, de Saint-Avertin (Indre-et-Loire) : « Une question subsiste : Charles Alloncle devient-il l'outil du RN ? Cette accusation soulève des interrogations sur ses motivations. Pourquoi avoir participé à un rapport si controversé, lui conférant une autorité contestable ?
« Alloncle évoque des relations compromettantes entre dirigeants de l’audiovisuel et le pouvoir. Je propose un modèle inspiré du privé où les conseils d’administration choisissent leurs dirigeants. Cela assurerait une impartialité nécessaire. La présidente de l’Assemblée nationale, Mme Yaël Braun-Pivet, a d’ailleurs affirmé que son travail était salué, mais que la lumière sur lui était peut-être excessive.
Tendances politiques
Joël Goring, de Niort (Deux-Sèvres) : « La gauche au pouvoir a ouvert la voie aux radios libres, mais a également ancré les médias sous une influence idéologique très marquée. Un bon journaliste doit alors répondre à des normes implicites pour réussir.
« Pendant ce temps, la privatisation a redynamisé des chaînes comme Europe 1, qui, en coalition avec CNews, répondent à un nouveau public. Le secteur public devra s'adapter pour se réinventer, ou alors se condamner à l'oubli. »
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