À l'assaut des sommets : les secrets des joueurs de la Coupe du monde au Mexique

Découvrez comment les joueurs se préparent pour jouer à plus de 2.200 mètres d'altitude.
À l'assaut des sommets : les secrets des joueurs de la Coupe du monde au Mexique
Vue aérienne du stade de Monterrey, qui accueille plusieurs matchs de la Coupe du monde au Mexique, le 18 janvier 2025. Crédit : Julio Cesar AGUILAR / AFP

Le coup d'envoi du Mondial approche : le match inaugural entre le Mexique et l'Afrique du Sud se déroulera à plus de 2.200 mètres d'altitude. Cette situation mettra les joueurs à l'épreuve en raison de l'air raréfié, rendant cruciale une bonne acclimatation.

Historiquement, on associe l'altitude aux compétitions comme le Tour de France, mais pour les équipes de football, les enjeux sont tout aussi réels. Ce jeudi 11 juin, l'estadio Azteca de Mexico vibrera au rythme de cet événement majeur, avec la rencontre prévue à 21h diffusée sur M6.

Les co-hôtes mexicains sont souvent vus comme favoris sur leur terrain, mais face aux Bafana Bafana, qui n'ont pas eu le temps de s'acclimater, le défi d'altitude pourrait faire la différence. Leur arrivée tardive au Mexique a compliqué leur préparation, après un match amical à 1.600m à Johannesburg.

Grégoire Millet, professeur à l'université de Lausanne, évoque les recommandations concernant l'acclimatation : "Idéalement, il faudrait arriver au moins 15 jours avant. Sans cela, la fatigue s'accumule plus vite, et les risques de blessures augmentent". Son point de vue souligne l'importance de la phase d'adaptation à ces nouvelles conditions.

Les joueurs à l'habitude de courir intensément sur le terrain verront leur endurance réduite et, comme l'explique Sébastien Salles-Lamonge, un milieu français de l'Atlético de San Luis, "la récupération est plus longue à cette altitude". De son expérience, il note les sensations désagréables de nausée et d'épuisement.

Une endurance altérée

Les conséquences de l'altitude sont significatives : "L'altitude réduit les performances d'endurance de 5 à 6% tous les 1.000 mètres", affirme Millet. Les sélections récemment arrivées à hauteur de 2.200 mètres subiront ainsi une diminution de leur performance entre 10 et 15%.

A Guadalajara, à 1.500 mètres, et Monterrey, à 500 mètres, les athlètes devront également composer avec d'autres défis, comme la chaleur et l'humidité. En effet, Sébastien note l'impact que cela aura sur les prestations des joueurs.

Pour atténuer ces effets négatifs, des techniques d'acclimatation comme "live high, train low" sont préconisées, où l'entraînement se fait à des altitudes plus basses pour faciliter le maintien des capacités physiques. Millet mentionne : "Il faut dormir à l'altitude des matches, tout en s'entraînant en dessous pour conserver une intensité adéquate".

"Concrètement, on dort aux altitudes du match, on s'entraîne plus bas. Cela aide à maintenir l'intensité des efforts tout en améliorant l'endurance à l'altitude".

Grégoire Millet, professeur de physiologie à l'université de Lausanne.

Pour sa part, la sélection sud-africaine a opté pour des entraînements à des altitudes plus élevées, à 2.400 mètres, à Pachuca. Cette stratégie pourrait leur fournir un rythme d'adaptation plus rapide.

L'alimentation, un facteur clé

Une autre dimension cruciale reste l'hydratation. Millet insiste sur le fait qu'il est essentiel de prendre de l'eau toutes les vingt minutes durant des efforts physiques. En altitude, les pertes hydriques sont accentuées, rendant ce facteur vital lors des matches.

Sébastien Salles-Lamonge souligne l'importance d'une alimentation adaptée, notant que diminuer la consommation de sel aide à conserver l'hydratation, tout en augmentant les glucides optimaux avant le match. Millet, qui a travaillé avec l'équipe d'Algérie lors de précédents Mondiaux, a également recommandé des suppléments spécifiques pour soutenir les joueurs.

Enfin, la Fédération mexicaine est bien consciente de ces défis. Guillermo Ochoa, ancien gardien légendaire, a été parmi les premiers à arriver le 12 mai pour commencer un stage de préparation, renforçant les attentes sur la capacité du Mexique à tirer profit de sa familiarité avec ces conditions.
Une compétition haute en couleur s'annonce, où chaque détail pourrait faire la différence.

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