Beaucoup de postulants, mais combien de visions ? Les candidats à la présidentielle avancent dans la cacophonie, sans programme. Il faudra pourtant un sursaut, selon nos lecteurs.
Guy Penaud, de Fontivillié (Deux-Sèvres) : « Comme pour les élections municipales, la présidentielle se révèle essentielle pour notre environnement. La récente escalade du conflit israélo-américano-iranien a pris le pas sur les catastrophes climatiques qui ont frappé la France. Ces événements viennent en écho à d'autres crises environnementales internationales.
« Les catastrophes se succèdent, mais nous manquons de temps pour analyser la situation. C'est le piège de notre époque moderne, pressée. Des mesures radicales sont indispensables concernant les enjeux environnementaux : pénuries d'eau, érosion côtière, incendies, inondations, etc. Ce climat de désespoir général pourrait être dangereux pour la société française.
« Les actions actuellement menées sont loin de suffire. Il est crucial de donner davantage de voix aux scientifiques et climatologues, de prendre sérieusement en compte leurs recommandations et de s'engager dans des négociations climatiques au niveau local, européen et mondial.
« Quelles sont les solutions proposées par chaque candidat pour préserver notre biodiversité et notre écosystème ? Une action rapide est nécessaire, car les impacts du changement climatique s'étendront bien au-delà des perturbations économiques. La France ne peut plus se permettre une posture déconnectée de la réalité. »
Alliances et compromis
Alain Greillet, de Loudun (Vienne) : « Dans une politique saturée d'offres, il faut se démarquer pour capter l'attention médiatique, même au détriment d’une véritable conviction électorale. La communication semble l'emporter sur le contenu programmatique.
« Ce contraste avec le contexte actuel est frappant : la guerre à nos portes depuis l'invasion de l'Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, le poids grandissant de la Chine, les manipulations numériques et la montée d'autoritarismes qui visent à fragiliser les démocraties occidentales. Tout cela se conjugue à une urgence climatique et à des finances publiques déjà dégradées. »
« La candidature devient un exercice de communication plus qu’un engagement programmatique »
« Les discours des candidats évitent souvent d'aborder ces lourdes contraintes qui s'imposeront au prochain quinquennat. Le vainqueur de 2027 devra composer avec un budget serré, des engagements européens, des alliances militaires et des urgences climatiques inéluctables. Il devra probablement construire des compromis, naviguer une Assemblée hagarde, et rechercher des ententes.
« Chacun veut apparaître comme le porteur de la solution ou du changement, mais si le spectacle prend le pas sur la réflexion, l’aspiration des électeurs à un changement rapide et sans douleur pourrait se heurter à un mur de réalités que nous avons trop longtemps ignoré.
« Si nous ne restreignons pas le choix des candidatures, il faut cependant élever le niveau d'exigence. Face à un monde en mutation, la France peut-elle continuer à jouer à un jeu de postures ? »
SOS sauveur
Kargel Antsam, de Coulombiers (Vienne) : « De nombreux candidats vont se présenter, promettant “La France, les Français”. Ils s'adressent d'abord à leurs intérêts personnels, en multipliant les promesses. Hélas, peu de choses changeront, à moins qu'un personnage charismatique émerge pour incarner le changement, comme un visionnaire ou un héros. »
Un seul tour
Yves Pacquier, de Fondettes (Indre-et-Loire) : « Je pense que l'élection présidentielle à deux tours est désavantageuse, car le vainqueur peut n'avoir recueilli que 25 % des suffrages au premier tour, ce qui en fait un président minoritaire. Cela engendre souvent des majorités parlementaires faibles, rendant la gouvernance complexe. Un scrutin à un tour conférerait davantage de légitimité au président élu. »
Former coalition
Joël Goring, de Niort (Deux-Sèvres) : « Dès le printemps prochain, les leaders politiques devront convenir des lignes directrices du programme qu'ils présenteront aux Français en 2027. Avant d'achever cette élaboration, ils devraient collaborer avec d'autres mouvements démocratiques, abordant des enjeux tels que la construction européenne ou le soutien à l'Ukraine. Ces discussions sont cruciales si la France souhaite continuer à être une démocratie.
« La déconstruction des anciens partis de gouvernement en 2017 a largement contribué à notre situation actuelle. Le “en même temps” peut fonctionner, mais encore faut-il que ceux qui portent des idées négocient sérieusement un programme de gouvernement.
« En 2027, il sera impératif de préserver nos valeurs occidentales, fondées sur la liberté. Cela nécessite de penser à des alliances gouvernementales, même si cela remet en question la tradition de la Vème République. Le futur président aura une majorité “plurielle” sur laquelle s’appuyer, ce qui nécessitera un temps de formation des idées avant les législatives.
« À la rentrée 2027, une réforme constitutionnelle devra envisager la possibilité de rétablir un septennat et de dissocier les élections législatives pour prévenir les crises gouvernementales futures. Les hommes et femmes politiques devront aussi s'initier au mot “coalition”, qui a fait ses preuves ailleurs et dont il est désormais temps de s’inspirer. »







