Le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête d’un régime militaire au Burkina Faso, a décidé de dissoudre 118 associations, dont une majorité se consacre à la défense des droits humains. Cette décision, prise le 15 avril, marque une intensification de la répression contre la société civile dans ce pays sahélien.
Depuis son accession au pouvoir en septembre 2022 par un coup d’État, Traoré a mis en place une série de lois restrictives. En juillet 2025, il avait déjà promulgé une législation encadrant étroitement la liberté d’association, visant particulièrement les ONG et les syndicats. Dans le cadre de ces mesures, 21 ONG avaient été contrées d’opérer pour des raisons administratives.
Dans un communiqué, le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a déclaré que ces 118 associations sont désormais interdites d’exercice sur le territoire. Il a cité des « dispositions légales en vigueur » sans donner plus de détails. La nouvelle loi impose des obligations strictes de déclaration et de suivi, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution pour les non-conformités.
Une répression administrative généralisée
Les autorités affirment que cette loi cherche à accroître la transparence et à lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le financement du « terrorisme ». « Tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, » a averti Zerbo, appelant les responsables associatifs à se conformer aux exigences.
Le Burkina Faso fait face à des agressions meurtrières de groupes djihadistes depuis plus d’une décennie, et les ONG, souvent accusées d’espionnage, font l’objet d’un regard méfiant. Les rapports indiquent que les groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique sont responsables de nombreuses violences sur une grande partie du territoire.
Récemment, la junte a prometté des « mesures fermes » contre les ONG jugées impérialistes. Cette déclaration a été faite suite à un rapport de Human Rights Watch accusant les forces militaires d’avoir causé davantage de décès civils que les djihadistes, avec 1 255 morts sur un total de 1 837 civils entre janvier 2023 et août 2025.
Face à la situation politique tendue, Traoré, qui prône une « révolution progressiste », a même déclaré que les Burkinabè devraient « oublier la démocratie ». Ce propos souligne la direction autoritaire que prend le régime depuis sa prise de pouvoir.







