À partir de 2028, l'Allemagne impose à ses services gouvernementaux l'utilisation exclusive de logiciels bureautiques ouverts, abandonnant ainsi les solutions propriétaires telles que celles de Microsoft. Cette initiative vise à garantir l'autonomie numérique du pays et à réduire sa dépendance à des acteurs externes.
Dans un monde où même les outils de rédaction peuvent être influencés par des considérations politiques, la question des logiciels de traitement de texte prend une ampleur particulière. Selon une étude récente, Microsoft Word représente actuellement une part de marché de 85 à 90 % des traitements de texte au niveau mondial, laissant les utilisateurs de plus en plus à la merci des services en ligne de l'entreprise, qui se sont structurés autour d'abonnements plutôt que de logiciels locaux.
Microsoft, un sujet très politique
En 2025, nous avons rapporté comment le Procureur de la Cour pénale internationale a été soudainement privé d'accès à sa messagerie Microsoft, suite à des décisions politiques américaines. Cet incident illustre l'impact que peuvent avoir les logiciels grand public sur la souveraineté des institutions.
Le mois dernier, l'IT-Planungsrat, organe fédéral allemand chargé de la numérisation de l'administration, a pris une décision majeure en imposant aux administrations d'utiliser exclusivement des formats accessibles tels que le PDF/UA et l'OpenDocument Format (ODF) d'ici 2028. Cette mesure vise à garantir une accessibilité accrue, notamment pour les personnes en situation de handicap.
Préserver l'autonomie numérique allemande
Cette décision marque un tournant dans la politique numérique du pays. Elle vise à restaurer une certaine souveraineté numérique tout en minimisant la dépendance vis-à-vis de fournisseurs soumis à des réglementations d'autre pays. Employant des solutions open source et des infrastructures locales, l'Allemagne veut ainsi protéger ses données des ingérences extérieures, pouvant aller d'une captation d'informations à un possible "kill switch" qui pourraient paralyser ses opérations en cas de conflit.
En France, des initiatives locales
De son côté, la France affiche sa volonté de défendre la "souveraineté numérique" au sein de son ministère de l'Économie, mais un tel changement radical n'est pas encore à l'ordre du jour. Les diverses initiatives apparaissent plutôt au niveau local. Par exemple, la ville de Lyon a annoncé son intention de se passer des services de Microsoft en préférant des logiciels libres, tandis qu’Echirolles en Isère s’illustre aussi par sa politique d'encouragement aux solutions libres depuis 2021.
Ce serait une évolution déjà amorcée par la Gendarmerie nationale, qui travaille depuis le début des années 2000 à son indépendance numérique et à ses propres solutions informatiques.







