Dix ans après les révélations choc des Panama Papers, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) de France a annoncé, le 3 avril, avoir mis en recouvrement 271 millions d'euros. Ce montant résulte des 230 dossiers traités parmi les plus de 600 examinés depuis 2016, selon une information relayée par le journal Le Monde.
Dans ses déclarations, l'administration fiscale a précisé : « En ajoutant les régularisations et les contrôles finalisés au 31 décembre 2025, les résultats liés aux Panama Papers atteignent 271 millions d'euros pour 230 dossiers. » Cette affaire avait éclaté en 2016 grâce aux travaux du Consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ), lesquelles avaient mis en lumière des pratiques d'évasion fiscale à grande échelle.
Les Panama Papers avaient révélé plus de 11,5 millions de documents confidentiels du cabinet d'avocats Mossack Fonseca, fournissant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore. Des personnalités allant de célébrités à des chefs d'États ont été exposées pour avoir dissimulé des actifs au fisc, totalisant des milliards d'euros en biens et capitaux.
Bien que le chiffre de 271 millions d'euros soit impressionnant, il ne représente pas le montant total récupéré par l'État, et la DGFiP n’a pas donné de détails sur le montant effectivement encaissé jusqu'à présent. Cette affaire a également mis en avant le rôle du Panama comme un véritable sanctuaire d'évasion fiscale.
Récemment, l'ONG Oxfam a souligné que « les ultra-riches continuent d'exploiter des systèmes offshore pour éviter l'impôt », affirmant qu'en 2024, environ 3,550 milliards de dollars non imposés seraient cachés dans des paradis fiscaux, un montant supérieur à la richesse annuelle produite en France.
Alors que le scandale des Panama Papers a eu des répercussions durables sur la fiscalité internationale, des experts, tel que Thomas Piketty, économiste et auteur renommé, a déclaré : « Tant que les structures fiscales et juridiques resteront inégales, l'évasion fiscale continuera de prospérer. » Ce constat interpelle sur la nécessité d'une régulation internationale plus stricte des pratiques offshore.







