Cinq pays membres de l’Union européenne se réunissent pour explorer la possibilité de créer des projets migratoires, dont des « hubs de retour », en dehors du continent européen. On fait le point.
Les États européens retournent leur attention vers des pays comme le Rwanda, l’Ouganda et l’Ouzbékistan afin d'évaluer la mise en place de « hubs de retour » ou d'autres initiatives migratoires. Ces discussions prennent forme entre les États membres tels que le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne, et les Pays-Bas, réunis à Bruxelles pour Esquisser une réponse coordonnée face aux défis migratoires.
D'après plusieurs sources, un groupe de pays a commencé à dresser une liste des pays partenaires potentiels, où ils pourraient établir ces centres, également décrits comme des « solutions innovantes ». Parmi eux, on retrouve le Rwanda, le Ghana, le Sénégal, la Tunisie, la Libye, et plusieurs autres, bien que cette liste demeure encore à confirmer.
En quoi consisteraient ces centres ?
Ces centres pourraient servir à accueillir les migrants dont la demande d'asile a été rejetée, ainsi qu'à renvoyer les individus en situation irrégulière, sans oublier d'examiner les demandes d'asile des personnes secourues en mer. Cette approche a été saluée par certains comme une opportunité d'améliorer la gestion des flux migratoires.
Les pays impliqués s'appuient sur des relations diplomatiques préexistantes. Par exemple, l'Allemagne collabore déjà avec l'Ouzbékistan sur des questions de migration, tandis que le Danemark discute avec le Rwanda. Selon un diplomate européen, « nous ne nous contentons pas de lancer des fléchettes sur une carte du monde », soulignant ainsi la nature ciblée de ces projets.
Actuellement, le Rwanda semble être le pays où ces projets avancent le plus, avec une mission de plusieurs États européens prévue sous peu. Un représentant de la Commission européenne a déclaré que l'institution suivait ces réunions et soutenait les initiatives de ces États membres.
Ces centres existent-ils déjà ailleurs ?
La création de hubs pour les migrants avant ou après leur demande d'asile n'est pas un concept inédit. L’Italie, sous la direction de la Première ministre Giorgia Meloni, a déjà tenté d'implémenter un tel modèle en Albanie. Toutefois, ce centre n’a pas rempli son objectif, avec seulement une poignée de migrants accueillis, en raison de répercussions juridiques.
Il est également à noter que le Royaume-Uni avait imaginé un accord similaire avec le Rwanda, qui a été abandonné devant des obstacles juridiques similaires.
Qui soutient, qui s’y oppose ?
Les défenseurs d’une politique migratoire stricte affirment que ces hubs pourraient avoir un effet dissuasif sur les migrants potentiels, les encourageant à reconsidérer leurs intentions d'immigration en Europe. Cependant, des pays tels que la France et l'Espagne demeurent sceptiques quant à l'efficacité de ces initiatives et se tiennent à l'écart des discussions, alors que des voix de gauche et des ONG expriment leurs préoccupations sur le traitement des migrants dans ces installations.
Avec AFP







