Lors d'une visite à Berlin le 30 mars, Friedrich Merz a controversé en suggérant que près de « 80 % des Syriens » vivant en Allemagne pourraient retourner dans leur pays d'origine d'ici 2029. Cette déclaration a immédiatement fait résonner des échos de désaccord au sein de sa coalition gouvernementale.
En effet, alors que Merz discutait avec le président syrien Ahmed Al-Charaa, il a affirmé que, selon ses propres évaluations, « environ 80 % » des réfugiés syriens devraient être encouragés à retourner en Syrie dans un futur proche, une perspective qu'il a semblé présenter en rapport avec les efforts de reconstruction du pays, comme l'indique Le Monde. Merz a précisé que le retour des personnes sans titre de séjour valide serait priorisé, tout en évoquant un contexte de fin de conflit.
Cependant, une réaction rapide a émergé, notamment de la part du SPD, l'un des partenaires de coalition, qui a mis en lumière l’éventuelle incohérence de ces propos. Ahmed Al-Charaa lui-même a pris ses distances, affirmant avoir jamais avancé un tel chiffre, précisant que le retour des réfugiés devrait être « libre et volontaire ».
Marquer une rupture avec l’ère Merkel
Experts et économistes soulignent les difficultés d'un retour massif imposé. L'économiste Herbert Brücker, de l'IAB, affirme que la plupart des Syriens en Allemagne bénéficient d'un statut de protection, et remettre cela en question nécessiterait des démarches longues et complexes à travers le système judiciaire. Par ailleurs, bien que des dispositifs d'aide au retour existent, les statistiques montrent que peu de Syriens font ce choix, d'autant plus que beaucoup ont récemment obtenu la nationalité allemande.
Ce débat se déroule dans un contexte où les questions d’immigration ont refait surface dans le paysage politique allemand. Depuis l'accession au pouvoir de la coalition CDU-CSU/SPD en mai 2025, des mesures plus strictes ont été mises en place concernant le contrôle de l'immigration et les retours, notamment vers des pays en guerre comme l’Afghanistan et la Syrie. Merz apparaît en quête d'une véritable rupture face à la politique d'ouverture de l'ère Merkel, marquée par l'accueil massif de réfugiés durant la crise de 2015.







