La cour d’assises du Maine-et-Loire a prononcé vendredi un verdict lourd de conséquences : réclusion criminelle à perpétuité pour Al Khawad Al Zine Sulaymane, un homme de 36 ans, reconnu coupable d'avoir tué trois jeunes hommes en juillet 2022 à Angers. L'avocate générale a décrit les actes de l'accusé comme une "exécution" préméditée, soulignant qu'un tel acte ne pouvait rester impuni.
Avec un comportement violent et inacceptable, Al Zine Sulaymane, ancien réfugié soudanais, avait provoqué des altercations sur une esplanade à Angers avant de revenir armé d'un couteau de 20 cm. En quelques instants, il a poignardé trois jeunes âgés de 16, 18 et 20 ans, des victimes déjà impliquées dans une bagarre pour défendre des jeunes filles importunées par l'accusé. "Il n’y a que des zones vitales qui ont été touchées. Ces jeunes se sont vidés de leur sang en quelques secondes", a déclaré l'avocate générale.
Un contexte troublé
Les événements de cette nuit tragique, survenus dans le cadre animé d'un été à Angers, soulèvent de nombreuses questions. L'avocate générale a exprimé son indignation face à l'absence d'interpellation par les forces de l'ordre lors de la première altercation. "On n’a pas besoin d’une plainte pour interpeller un individu", a-t-elle appelé, faisant écho à un sentiment partagé parmi des membres de la communauté.
Al Zine Sulaymane avait expliqué avoir survécu à des événements traumatisants avant de demander l'asile en France, en 2016. Pourtant, les expertises ont révélé des troubles mentaux, un passé de violence dans son enfance ayant influencé son comportement. Son avocat, Me Charles Alexis Garo, a plaidé pour la prise en compte de ces éléments psychologiques, mais la cour a jugé que cela ne justifiait pas la réduction de peine.
Un verdict symbolique
Ce procès a résonné dans le milieu judiciaire et au-delà, posant un reflet sur la sécurité dans les espaces publics et les réponses légales face à de tels actes. "C'est un message fort que notre justice envoie aujourd'hui", a déclaré un observateur du procès. Les familles, endeuillées par cette tragédie, espèrent que cette décision apportera une forme de justice et touchera également le débat plus large sur la prévention de la violence.
Alors qu'Al Zine Sulaymane a exprimé des remords en déclarant : "Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je ne me le pardonnerai jamais", la société est appelée à réfléchir sur les voies de la réhabilitation et de la prévention. La cour a prévu une période de sûreté de 22 ans, garantissant que ce triste événement restera gravé dans les mémoires.







