Le parquet de Paris a annoncé la mise en examen d'un homme suspecté de gérer CFake, une plateforme spécialisée dans les deepfakes sexuels. Ce procès fait suite à une enquête lancée après qu'un rapport du ministère américain de la Justice a alerté Paris sur l'activité criminelle soutenue par le suspect, dont le serveur a été saisi aux Etats-Unis.
Établi en 2007, CFake proposait plus de 300 000 images et 7 000 vidéos créées par intelligence artificielle, avec environ 50 nouvelles publications par jour. Selon une étude menée par la Gendarmerie nationale, près de 14 000 victimes à travers le monde ont vu leur image utilisée sans consentement. Le site attirait près de 4 millions de visites chaque mois et générait des revenus significatifs grâce à la publicité.
Le suspect doit comparaître à Paris en juillet
Le présumé administrateur, un informaticien de 44 ans basé à Nice, a été arrêté début juin. Les enquêteurs ont saisi des équipements informatiques ainsi qu'un montant de 34,7 Ethereum, équivalant à environ 48 521 euros, considéré comme un produit de son activité illégale. Lors de son interpellation, il a été révélé qu’il était jusqu’alors inconnu des services judiciaires.
Le parquet a requis son placement en détention provisoire, et il sera présenté devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris le 7 juillet prochain pour répondre de la gestion d'un site facilitant des transactions illicites et de la complicité dans la diffusion de contenus pornographiques manipulés. Cette affaire met en lumière des enjeux cruciaux de consentement et de droits à l'image dans l'ère numérique.
Des experts, comme le professeur en droit numérique Pierre-Jean Giraud, soulignent que de telles affaires sont inévitables à mesure que la technologie progresse. Giraud affirme : "Le cadre légal doit s'adapter en urgence pour protéger les individus contre l'exploitation de leur image à leur insu." Cette affaire pourrait poser un précédent significatif pour les futures législations concernant les deepfakes.







