La tension monte parmi les inspecteurs du travail dans la région Centre-Val de Loire. Ce mardi 28 avril, à l'occasion de la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, une manifestation a eu lieu à la cité Coligny d'Orléans, organisée par les syndicats. Les inspecteurs ont exprimé leur colère face à une nouvelle réduction prévue de leurs effectifs, qui devrait les amener à seulement 70 agents d'ici la fin de l'année. Luc Ingrand, inspecteur et représentant syndical CGT à Orléans, a souligné la gravité de la situation : « Nous avons perdu 30% de nos effectifs en 15 ans, passant de 103 agents en 2011 à ce chiffre alarmant. »
Cette diminution des effectifs contraint les agents à prioriser les cas les plus urgents, laissant de côté de nombreuses situations critiques. Thierry, assistant de contrôle dans le Loir-et-Cher, dépeint un quotidien difficile : « Je reçois des appels de salariés, et il m'est impossible de traiter tous les cas. Pourtant, ici, on parle de vies humaines. » Les affaires de harcèlement au travail, par exemple, requièrent du temps pour être traitées correctement, mais faute de ressources, les agents doivent gérer cette détresse avec un tri permanent.
Un mal-être grandissant au sein de la profession
Ce manque de moyens ne menace pas seulement l'efficacité des inspections, mais également la santé mentale des agents. Luc Ingrand évoque un mal-être croissant au sein de sa profession : « En 20 ans, j'ai perdu deux amis inspecteurs, des suicides dus à leurs conditions de travail. Ce n’est pas un événement isolé, beaucoup d'entre nous ressentent cette pression. » Selon la CGT, la région Centre-Val de Loire est la plus durement touchée par une réduction continue du personnel dans les services d'inspection du travail, une situation qui devrait alerter les autorités nationales sur l'importance de garantir la sécurité des travailleurs.







