Le Conseil national de productivité (CNP) a publié son sixième rapport, mettant en lumière la dynamique de la productivité française post-COVID. Bien que la productivité ait été affectée par la crise, le CNP, dirigé par Natacha Valla, estime que la perte n'est pas aussi marquée qu'on le pensait. Selon le rapport, d'ici la fin de 2025, la productivité par habitant devrait rapidement revenir à son niveau d’avant la crise, avec un écart notablelement réduit à seulement 0,7 point par rapport à 2019.
Ce rapport souligne que la productivité, qui évalue la richesse générée par rapport aux efforts fournis, affiche encore des retards de quatre points par rapport aux tendances d'avant le Covid. La compétitivité demeure fragile, nécessitant des actions promptes et stratégiques.
Renforcer durablement l'emploi des seniors
Le CNP propose plusieurs axes d'action pour relancer la croissance. Trois enjeux fondamentaux sont alors identifiés : la diffusion de l'innovation, le vieillissement démographique, et le réarmement. Le CNP avertit que la simple existence d'innovations ne suffit pas ; il est crucial de favoriser leur intégration au sein des entreprises.
Les politiques publiques dans le domaine de l’innovation doivent donc être mieux harmonisées avec des mesures qui encouragent l'adoption technologique, améliorent la formation des salariés et dirigeants, et renforcent les coopérations interentreprises.
Face au vieillissement de la population et d'ici peu un Français sur cinq aura plus de 65 ans, le CNP appelle à une amélioration significative de la qualité des emplois pour les seniors. Pour ce faire, il propose d'adapter les postes à toutes les étapes de la carrière, d'encourager la formation aux compétences numériques, et de faciliter les reconversions en fin de carrière.
Quant à l’effort de réarmement, le rapport identifie ce vecteur comme un levier potentiel pour accroître la productivité. À travers des dépenses militaires qui atteindraient 2,1% du PIB en 2025, il est suggéré que les ressources soient redirigées vers la R&D tant civile que militaire. Les États-Unis, avec 0,4% de leur PIB consacrés à cette recherche, montrent un exemple que la France pourrait suivre, qui actuellement alloue seulement 0,05% de son PIB à la R&D dans la défense.
Augmenter les dépenses militaires pourrait ne pas seulement booster la croissance mais également améliorer durablement la productivité, surtout si une large part de ce budget est orientée vers la R&D, conclut le CNP. Les experts financiers, comme ceux de l'INSEE et de l’OCDE, soutiennent cette vision, soulignant la nécessité d'une concertation étroite entre le secteur public et privé afin d’atteindre ces objectifs ambitieux.







