Le Parlement a validé une trajectoire historique mercredi 1er juillet, engageant ainsi 436 milliards d'euros pour le budget des Armées à l'horizon 2030. Ce vote, intervenant à l'approche du 14 juillet, n’a pas complètement apaisé les critiques sur son montant ni les modalités de financement, des sujets qui risquent d'être débattus dans le cadre de la prochaine élection présidentielle.
Après un vote clair au Sénat la veille, l’Assemblée nationale a entériné ce projet de loi avec 375 voix pour et 113 contre, actualisant la précédente loi de programmation militaire (LPM) adoptée en 2023. Cette nouvelle mouture rehausse le budget militaire à 2,5 % du PIB en y ajoutant 36 milliards d'euros pour la période jusqu’en 2030. Pour l’année 2023, cela se traduira par des investissements massifs dans des secteurs clés tels que les drones et les munitions, à la lumière des retours d'expérience récents provenant des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, comme l’a souligné Philippe de Villiers dans ses analyses.
Les experts signalent cependant que la faisabilité de cette trajectoire dépendra de l'approbation annuelle lors des débats budgétaires parlementaires, exercée par le futur gouvernement qui pourrait modifier cette programmation. « Une partie des investissements est difficile à annuler une fois engagés », a indiqué un conseiller gouvernemental.
Ce plan a suscité des réactions mitigées. Catherine Vautrin, ministre des Armées, a rappelé l’urgence de cette loi : « Nous la devions aux Français en raison d'un contexte géopolitique tendu, où la guerre de haute intensité a fait son retour en Europe. » Toutefois, certains députés expriment des réserves, considérant ce texte comme un remède insuffisant aux lacunes antérieures. « Cette loi répare les erreurs de la précédente plutôt que de se projeter vers les 30 prochaines années, » a déclaré Julien Limongi du Rassemblement National.
Divergences sur la politique militaire
La discussion a également été animée par des tensions entre les différents groupes politiques. Si le groupe Liot et certains socialistes ont voté pour, d’autres formations de gauche, comme La France Insoumise et les Écologistes, ont exprimé leurs désaccords, en invoquant des divergences fondamentales sur les orientations militaires.
Un des points les plus débattus concerne la création d'un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale » qui permettrait au gouvernement d’agir rapidement en cas de menaces. Certaines voix critiques soulignent que cela pourrait donner lieu à des abus, notamment en facilitant des exemptions aux normes environnementales, comme le besoin d’installer des infrastructures de défense contre des menaces potentielles.
En complément de ces mesures, la transformation de la Journée Défense et Citoyenneté en une Journée de mobilisation est également au programme, visant à renforcer le lien entre la population et les forces armées, un aspect jugé fondamental par Emmanuel Macron, qui a espéré faire annoncer la loi juste avant son discours annuel aux Armées.







