Malgré des avancées notables, la répartition des tâches domestiques demeure inégalitaire en France, impactant largement le quotidien des femmes.
« En moyenne, un homme consacre deux heures par jour aux tâches ménagères, tandis qu'une femme y consacre trois heures et demie, présentant un écart d'une heure et demie », affirme Anne Brunner, directrice des études à l’Observatoire des inégalités de Tours. Bien que ces chiffres datent de 2010, la répartition des tâches domestiques reste inégalement partagée entre les sexes en 2026, au détriment des femmes.
Des données plus récentes renforcent cette constatation. L’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes révèle que 68 % des femmes consacrent du temps à la cuisine ou au ménage chaque jour, contre seulement 43 % des hommes (2022).
« Les tâches ménagères, telles que cuisine et linge, requièrent une grande partie de notre temps, et ce n’est pas le temps passé avec les enfants qui crée un écart significatif », souligne Anne Brunner. Ce déséquilibre se manifeste par un temps consacré davantage par les femmes aux tâches souvent considérées comme moins valorisées socialement, tandis que les hommes gèrent des activités telles que le jardinage ou le bricolage. Les stéréotypes de genre commencent dès l'enfance, où les petites filles sont plus souvent impliquées dans les tâches domestiques que les garçons.
Une évolution lente mais significative
Cependant, des progrès vers une distribution plus équilibrée des tâches domestiques sont perceptibles. « On peut retracer cette évolution aux années 1950, quand les femmes ont accédé à l'éducation et au marché du travail », rappelle Brunner. Les jeunes générations semblent également plus égalitaires, malgré le fait que l’arrivée d’un enfant perturbe souvent cette répartition au sein des couples.
Des phénomènes sociétaux récents, tels que le mouvement MeToo et le confinement, ont également modifié la dynamique des tâches ménagères. Bien que le télétravail ait le potentiel de réduire les inégalités dans certaines situations, un rapport de l’Insee souligne qu'il pourrait aussi maintenir ces disparités chez les couples avec des enfants en bas âge.

Les hommes passent nettement moins de temps sur les tâches ménagères que les femmes en France.
© (Photo Toinon Debenne)
Les progrès réalisés vers plus d'équité sont encore entravés par des conséquences économiques considérables pour les femmes. « Ces inégalités se traduisent par des impacts négatifs sur leur carrière et leurs revenus », observe Anne Brunner. Les femmes, en raison des tâches domestiques, sont souvent contraintes de renoncer à des promotions ou à des emplois éloignés. Par la suite, la disparité salariale s'élève à 22 %, et les revenus peuvent diminuer de 40 % après la naissance d'un enfant.
Des disparités financières flagrantes
Environ 3,9 millions de ménages en France, soit 13,8 % du total, sollicitent des services à la personne pour le ménage, l’aide aux personnes dépendantes, etc. Cependant, les inégalités financières persistent : « Dans les foyers les plus riches, 40 % recourent à ces services, contre seulement 3 % parmi les familles les plus pauvres », note la directrice des études, en se basant sur un récent rapport de l’observatoire des inégalités.
Ce même rapport indique aussi que « l'utilisation des services par les ménages aisés va au-delà des besoins essentiels, visant à améliorer leur confort de vie et l’équilibre entre vie familiale et professionnelle », soulignant que de tels choix sont souvent impossible pour les ménages moins favorisés.
3,7 %
C’est le pourcentage de tâches domestiques réalisées pour autrui par un autre ménage ou une association.
765
C’est le nombre d’heures consacrées aux tâches domestiques chaque année par les Français, dont 217 heures à la cuisine et 199 heures au ménage.
34
C’est le nombre moyen d’heures hebdomadaires de travail domestique d’une femme en couple avec enfants, comparable au temps moyen de travail rémunéré d’un homme (33 heures).
(Source Insee)







