Une vague d’inquiétude a submergé les collectivités locales et les syndicats vendredi, suite à des déclarations du ministre de l'Industrie, Sébastien Martin. Ce dernier a évoqué un "début de renoncement" de l'État concernant le groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 personnes entre Haute-Garonne et Bouches-du-Rhône.
Lors des débats à l'Assemblée nationale, le ministre a souligné que l'unique offre de reprise de l'entreprise, spécialisée dans la production de pâte à papier, manquait d'un soutien solide d'un "vraie investisseur industriel". Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie, a exprimé sa vive inquiétude, notant que ces commentaires pourraient marquer le début d'un abandon des efforts pour sauver cette entreprise essentielle.
Les deux usines de pâte à papier de Fibre Excellence, situées à Saint-Gaudens et Tarascon, ont cessé leurs opérations fin avril et l'entreprise a été placée en redressement judiciaire. En cas de fermeture, ce serait un coup dur pour une filière déjà fragile, représentant plus de 10.000 emplois au total, selon les craintes exprimées par les syndicats et les communes locales.
"Nous sommes déterminés à nous battre pour ces usines", a affirmé Mme Delga lors d’une conférence de presse à Saint-Gaudens, célébrant la solidarité des représentants locaux et des syndicalistes. Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner l'offre de reprise mercredi prochain, et la tension est palpable.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a qualifié l'audience imminente de "cruciale", redoutant que Fibre Excellence ne disparaisse dans les jours à venir. Elle a également soulevé des inquiétudes concernant un intérêt suspect manifesté par un "ferrailleur", soi-disant associé à un grand papetier canadien, qui pourrait avoir des motivations néfastes pour l'industrie papetière française, selon ses dires.
L’impact d’un éventuel déclin de Fibre Excellence serait catastrophique pour des territoires comme celui de Haute-Garonne, selon Sébastien Vincini, président (PS) du conseil départemental. "Nous nous heurtons à une inaction gouvernementale", a-t-il déploré. L’union fait la force, et tous espèrent que l’État réagira avant qu'il ne soit trop tard.







